L’invité du jour — Hakim Baka — Rentrée scolaire : quand l’inflation s’invite dans les cartables

La prochaine rentrée scolaire s’annonce sous le signe de l’inquiétude financière pour de nombreuses familles françaises. Une étude révèle qu’une large majorité anticipe une hausse significative du coût des fournitures, transformant ce rituel annuel en un défi budgétaire majeur, exacerbé par le contexte inflationniste actuel.
Cette tendance n’est pas nouvelle, mais elle atteint cette année un seuil critique, poussant les ménages à repenser leurs habitudes de consommation et à anticiper bien en amont les dépenses liées à cette période charnière.
Un pouvoir d’achat sous pression
Selon une étude menée par Geev, plateforme de dons entre particuliers, près de trois Français sur quatre (74 %) s’attendent à une augmentation des prix des fournitures scolaires pour la rentrée 2026. Hakim Baka, cofondateur de Geev, interrogé sur PhareFM, constate : « On est dans ce mouvement, dans ce ressenti des Français qui est déjà présent depuis plusieurs années. On voit que notre pouvoir d’achat baisse petit à petit. »
Cette perception s’inscrit dans un climat économique général où les hausses de prix sont devenues monnaie courante. La rentrée scolaire, traditionnellement source de dépenses importantes, devient ainsi un révélateur d’un pouvoir d’achat fragilisé. « À la rentrée, qui est un moment ultra clé dans la vie des citoyens, dans la vie des familles, il y a une attente forcément de crainte, même de se dire à quel sou je vais être mangé à cette rentrée 2026 », ajoute Hakim Baka, soulignant l’anxiété générale face à l’inconnu du budget à venir.
La rentrée, un gouffre financier sous-estimé
Si l’on associe souvent la rentrée scolaire aux fournitures, les dépenses réelles englobent bien plus. « Quand on parle de rentrée scolaire, on se focalise peut-être un peu trop peu dans nos esprits, sur les fournitures, les crayons, les cahiers, etc. Alors que finalement, les postes de dépenses pour les familles sont beaucoup plus larges que ça », explique Hakim Baka. Vêtements, chaussures, abonnements aux activités sportives et culturelles s’ajoutent à la liste, faisant de cette période « un des plus costauds, un des plus forts de l’année » en termes de dépenses.
Les chiffres attestent de cette réalité : près de deux familles sur trois dépensent plus de 100 euros par enfant, et souvent bien davantage. Cette charge financière pousse les familles à une anticipation accrue.
L’anticipation et la seconde main : nouvelles stratégies
Face à l’inflation, les comportements des consommateurs évoluent. L’anticipation devient la règle, comme l’explique le cofondateur de Geev : « La conso de la rentrée se prépare maintenant des mois à l’avance. On profite des soldes, on profite des lots, on profite des bons plans, etc. » Les familles cherchent à étaler les dépenses et à optimiser chaque euro.
Le marché de l’occasion et le don entre particuliers connaissent également un essor considérable. Geev observe même une anticipation des dons dès le printemps et l’été pour les fournitures de la rentrée. « Pour pallier à cette baisse de pouvoir d’achat, on est dans l’anticipation, la sur-anticipation, en se disant, je vais mettre bout à bout des astuces conso, des astuces conso responsables, des astuces conso malignes, pour finalement que ma rentrée fasse dans les meilleures conditions », précise Hakim Baka.
La double lame de la conscience : économie et écologie
Au-delà de la nécessité économique, ces nouvelles pratiques de consommation s’inscrivent dans une démarche plus globale. « C’est à la fois, effectivement, une évolution des modes de consommation, voire même plutôt un retour à l’essentiel », analyse Hakim Baka, rappelant que le don, bien que digitalisé, est une pratique ancestrale.
Cette « consommation maline » permet non seulement de réaliser des économies mais aussi de s’inscrire dans une logique d’économie circulaire et de responsabilité écologique. Geev met d’ailleurs en avant un double indicateur pour ses utilisateurs : l’économie en carbone et l’économie en pouvoir d’achat. « La conso-responsable est vraiment devenue très très liée aussi à l’économie de pouvoir d’achat », conclut Hakim Baka, soulignant une « double prise de conscience » chez les Français qui cherchent à « mieux vivre » dans un contexte économique complexe.
La rentrée 2026 s’annonce donc comme un banc d’essai pour ces nouvelles stratégies, où l’ingéniosité des familles, combinée à l’essor des plateformes de partage, pourrait redéfinir la manière d’aborder une des périodes les plus coûteuses de l’année.








