L’invité du jour — Atanase Perifan — L’Heure Civique Étudiante : quand l’engagement simplifié révolutionne la solidarité

Face aux défis sociaux contemporains tels que l’isolement, le vieillissement de la population et la fragilisation du lien social, de nouvelles formes d’engagement émergent. Parmi elles, l’Heure civique étudiante, récemment lancée au Sénat, propose une approche simple et efficace : consacrer une heure par mois à une action solidaire au service de sa commune ou de ses voisins.
Atanase Perifan, créateur de la Fête des Voisins et initiateur de cette nouvelle initiative, explique les motivations derrière ce projet ambitieux qui vise à mobiliser la jeunesse pour renforcer le tissu social.
Un constat simple, une solution innovante
« L’heure civique étudiante est partie d’un constat », explique Atanase Perifan. Ayant lancé l’Heure civique il y a quatre ans, qui propose à chaque habitant de donner une heure par mois pour une action citoyenne ou solidaire, Atanase Perifan a identifié des défis sociaux colossaux, notamment face au grand âge, tout en percevant des gisements de générosité inexploités.
L’Heure Civique Étudiante découle de cette observation. « Nos jeunes sont généreux, incroyablement engagés, avec des formes d’engagement peut-être différentes de celles de leurs aînés. Souvent, ils préfèrent des actions ponctuelles et variées. » L’idée est donc de canaliser cette énergie chez les étudiants pour développer le lien social et la solidarité de voisinage.
La simplicité, clé de l’engagement
Le principe de l’Heure civique étudiante est délibérément simple : une heure par mois pour aider. « Si c’est compliqué, les gens n’ont pas beaucoup de temps, vous savez, on court tout le temps. Alors que là, effectivement, c’est simple, une heure par mois, on peut tous le faire », souligne Atanase Perifan. Cette simplicité permet de surmonter les obstacles liés au manque de temps et aux contraintes, rendant l’engagement accessible à tous.
Les actions proposées sont variées et flexibles : « Le geste d’entraide et de solidarité, ça peut être des choses très simples, une action collective pour aider sa mairie, nettoyer un quartier, monter les stands pour des associations. Il y a plein d’idées simples. » Il peut aussi s’agir d’actions interpersonnelles, comme aider une personne âgée à faire ses courses ou apporter du soutien scolaire à un jeune. « Chacun choisira les gestes solidaires qui lui conviennent et le rythme auquel il convient aussi », ajoute Atanase Perifan.
L’expérimentation : de l’ESCP aux campus
Cette déclinaison étudiante s’appuie sur des partenariats, notamment avec l’ESCP Business School. L’expérimentation a commencé avec des étudiants de l’ESCP, qui ont intégré l’Heure civique dans leur cursus. « Plutôt que de se dire, ‘tiens, allez, on va vendre plus de voitures ou plus de crèmes’, ils se sont dit, ‘comment est-ce qu’on peut mettre en place des stratégies pour développer cette solidarité de proximité, pour faciliter la relation à l’autre ?’ »
Les étudiants ont non seulement participé à des sessions de brainstorming, mais se sont également engagés concrètement sur le terrain. « Ils sont allés dans un EHPAD pour certains, d’autres ont nettoyé un quartier, et vous auriez vu comme ils étaient heureux de se sentir utiles, heureux d’être applaudis par les gens dans la rue. » Atanase Perifan est convaincu que « ça va être un tsunami de solidarité dans ce monde étudiant, parce qu’on en a besoin. »
La générosité citoyenne au service de l’action publique
L’Heure Civique Étudiante ne se contente pas de promouvoir l’engagement individuel ; elle vise également à mobiliser les étudiants dans les politiques publiques locales. Selon Atanase Perifan, « pour que ça fonctionne aujourd’hui, s’il y a des budgets qui sont voraces et chronophages, ça ne marche pas. Pourquoi ? Parce qu’il y a moins d’argent public, que les institutions sont débordées. »
L’approche innovante de l’Heure civique étudiante consiste à faire appel à la ressource intellectuelle des étudiants. « Si chaque étudiant parraine, par exemple par groupe de trois dans le cadre de leurs études, une mairie qui elle n’a ni le temps, ni parfois les moyens de mettre en place ses stratégies de mobilisation, et bien ces étudiants vont irriguer l’action publique et aider l’institution à créer du lien social. » Cet engagement permettrait aux collectivités territoriales de « recréer du lien » et d’alléger le fardeau des institutions.
Un appel à l’action pour une jeunesse engagée
Atanase Perifan lance un appel aux jeunes : « J’ai envie de dire à tous ces jeunes étudiants qui nous écoutent, allez-y, c’est comme quand on est au bord de la piscine, parfois l’eau est froide et quand on vous pousse dedans, hop, vous la trouvez très bonne. Allez-y, donnez-nous une heure par mois, on va changer le monde ensemble. »
Il a déjà constaté l’enthousiasme des premiers participants : « Ce n’est pas une heure par mois qu’ils ont donné, tellement ils étaient contents, ils ont donné une, deux, trois. » L’engagement simplifié, concret et accessible de l’Heure civique étudiante promet de créer un cercle vertueux de solidarité, où chacun trouve bonheur à se rendre utile.








