L’invité de la semaine — Claudine Metz – Bénévole au Parc a Cigognes de Cernay

Lorsque les cigognes, symbole de l’Alsace, décident de s’installer dans un parc à cigognes, il faut bien quelqu’un pour leur apporter de quoi se nourrir. Prenons la direction du parc à cigognes de Cernay pour y faire la rencontre de Claudine Metz, bénévole au nourrissage des cigognes et découvrir ce que c’est que de s’occuper de ces volatiles.
Il y avait une annonce comme quoi on cherchait des bénévoles pour nourrir les cigognes. Et donc, je suis devenue bénévole du jour au lendemain avec deux autres collègues. Avec les enfants, nous allions souvent pique-niquer devant le parc à cigognes. Et je leur ai demandé : est-ce que ça vous dirait d’être à l’intérieur de l’enclos ? Ils ont dit oui et c’est pour ça que j’ai accepté de faire ce bénévolat.
Il y a une cigogne qui est venue manger avec nous et, quand nous pique-niquions, elle venait, elle était vraiment à côté de nous et elle mangeait dans notre main. Ça nous a tellement ravis de voir ça et puis de pouvoir donner à manger, de pouvoir les approcher, de pouvoir vraiment lancer la nourriture directement dans leur bec. C’était une approche formidable.
Claudine s’occupe donc de nourrir bénévolement les cigognes du parc à cigognes de Cernay, avec un mets délicat on ne peut plus surprenant.
Vers 11h30, c’est l’heure où je donne à manger. Et alors, beaucoup de personnes sont assez surprises quand je leur parle de la nourriture. Ce sont des poussins. Les poussins, nous les recevons congelés, d’Allemagne. En hiver, c’est un nourrissage quotidien. Et à partir de mars, c’est une fois par semaine. Elles reçoivent donc les 10 kilos de nourriture d’un coup. Et elles attendent vraiment cette nourriture. Mais autrement, les cigognes s’occupent d’elles-mêmes et puis il n’y a rien d’autre à faire.
Je lance les poussins, soit directement dans leur bec, soit ils sont éparpillés dans le parc, pour que les touristes, les personnes qui aiment voir, puissent quand même voir la façon dont elles gobent les poussins. Il faut dire qu’une cigogne peut bien manger entre 6 et 8 poussins d’un coup. Il y a un petit plan d’eau dans le parc, pour peut-être digérer un petit peu tout ce qu’elles ont mangé.
S’occuper du nourrissage peut sembler fort simple, mais il devient forcément plus difficile de nourrir les cigognes lorsque celles-ci sont peu nombreuses voire absentes du parc.
Il y avait entre 25 et 30 cigognes qui venaient et ça a diminué, vraiment diminué. Je dirais plutôt que c’était surtout après le temps du Covid que ça a vraiment diminué. Il y a eu beaucoup de décès au niveau des bébés. Il y a eu des disputes entre hérons et cigognes, donc c’est vrai que j’ai retrouvé pas mal de cadavres de ce côté-là.
Le défi, c’était surtout de ne pas avoir de cigogne quand beaucoup de touristes sont là. Les touristes repartent vraiment déçus. L’appréhension de ne pas en avoir, surtout au mois d’août. Je viens, j’attends, il n’y a pas de cigogne. Mais pourquoi ? Pourquoi n’y a-t-il aucune cigogne ? Et puis, ils partent désappointés. Ce n’est pas encourageant pour moi non plus. On revient la fois d’après, toujours pareil. À un moment donné, je me dis que c’est la fin de mon nourrissage et puis on reprend espoir en octobre parce qu’il y a des cigognes qui restent pour l’hiver.









