C’est à lire — “Des réserves d’amour”, Salomé Baleko

Les éditions Shadow proposent un nouvel album illustré, « Des réserves d’amour, un chemin d’espérance dans le deuil périnatal », un témoignage poignant et une œuvre illustrée signés par Salomé Baleko. L’autrice y dévoile les coulisses de ce roman graphique inspiré par son expérience personnelle.
L’ouvrage plonge le lecteur dans l’histoire de Salomé et de son époux, confrontés à l’annonce déchirante que leur fille, Elikya – signifiant « espérance » en Lingala – ne pourrait survivre après sa naissance. Une nouvelle qui, à cinq mois de grossesse, anéantit toutes les projections et représente un véritable « tsunami » pour le couple.
Donner une voix à l’enfant perdu
Salomé Baleko a fait le choix audacieux de personnaliser la narration, non seulement par les mots mais aussi par les illustrations. L’histoire est racontée à travers les yeux d’Elikya elle-même, puis d’un autre personnage, depuis le ventre de sa mère jusqu’au Ciel. « C’était important de lui donner sa place et de valoriser le fait qu’elle avait vraiment vécu », explique l’autrice. Elle ajoute que cette perspective permet d’évoquer l’expérience de « tous les bébés » et d’utiliser des métaphores pour aborder les décès périnataux, qu’ils surviennent au premier trimestre ou, comme pour Elikya, après une grossesse menée à terme.
Cet extrait du livre illustre cette approche : « Alors que le soleil et la lune se succédaient dans le ciel de tes parents, le grand jour approchait. Tout était prêt. La veille de cette journée si importante, ils sont venus encore te cueillir pour se recueillir. Mais cette fois-ci, ils ont réalisé que les pétales fanés qu’ils admiraient appartenaient au passé. Tu n’étais plus là, bien sûr. Depuis longtemps, tu avais rejoint mes câlins et ce grand fauteuil rouge et doré. »
L’espérance comme ancre
Face à l’irréversible, Salomé Baleko confie que le choix du prénom de leur fille, Elikya, a été un pilier fondamental. « Le fait d’avoir choisi son prénom, Elikya, qui signifie espérance, avant même d’apprendre les malformations », a permis au couple de « se raccrocher à cette signification, de découvrir en fait ce que ça veut dire espérer » durant les quatre derniers mois d’attente…
L’autrice témoigne que cette notion d’espérance est cruciale pour se relever : « Je ne sais pas ce qui fait qu’on tient debout. Il y a beaucoup de choses, mais l’espérance en fait sûrement partie. »
L’album « Des réserves d’amour, un chemin d’espérance dans le deuil périnatal » est disponible en librairie et sur le site des éditions Shadow, offrant un récit touchant et un soutien pour les familles confrontées à cette épreuve.







