L’invité du jour — Christophe Leonet : L’IA, entre gain de temps et menaces grandissantes

L’intelligence artificielle (IA) révolutionne nos habitudes de recherche d’informations sur Internet, offrant des synthèses immédiates qui promettent rapidité et efficacité. Cependant, cette avancée technologique, incarnée par des outils comme AI Overviews, soulève des questions cruciales quant à l’avenir des médias et pose des risques potentiels pour les droits humains, alertent les Nations Unies. Christophe Leonet, gérant et développeur de CyberFR, décrypte ces enjeux complexes. Depuis fin juillet en France, le déploiement des résumés générés par l’IA au sein des moteurs de recherche, baptisés AI Overviews, modifie profondément l’accès à l’information. Ces synthèses sont affichées directement en tête des résultats, permettant aux utilisateurs d’obtenir des réponses sans même avoir à cliquer sur les articles originaux. C’est rapide, pratique, mais pendant que nous gagnons quelques secondes, les médias, eux, peuvent perdre des visiteurs. L’impact est déjà mesuré : environ 20% de perte de clics pour les sites éditeurs de contenu. Si AI Overviews indique toujours la source, très peu d’internautes s’y réfèrent actuellement. Face à cette évolution, les médias sont contraints de repenser leur stratégie. « Les médias doivent se diriger vers des créations thématiques et des vrais contenus experts », conseille Christophe Leonet. Les questions simples obtenant désormais une réponse directe par l’IA, les éditeurs de presse doivent se concentrer sur « des contenus où il y a une vraie enquête de terrain et des thématiques plus développées ». Les médias spécialisés sont ainsi davantage épargnés, car ils proposent un « contenu très riche et très qualitatif » qui incite l’internaute à une lecture approfondie. Au-delà de la simple recherche d’information, le développement exponentiel de l’IA soulève des préoccupations bien plus larges, notamment concernant les droits humains. L’ONU a récemment lancé une alerte sur les risques liés aux intelligences artificielles les plus avancées. Christophe Leonet met en lumière l’émergence des IA agentiques. Il s’agit d’une nouvelle catégorie d’IA qui, lorsqu’une mission leur est confiée, peuvent « embaucher, comme vous le feriez avec des employés, d’autres agents ». C’est à ce stade que le contrôle humain devient précaire. Ces agents, sans intervention humaine, pourraient chercher à réussir leur mission « par tout moyen », y compris « hacker un site internet, rentrer dans un serveur alors qu’ils n’ont pas le droit, se dupliquer également ». Une coupure de datacenter ne garantirait pas l’arrêt de l’IA, car elle est « capable de se reproduire et de sauter de serveur en serveur ». Face à cette course effrénée, la question de ralentir le développement de l’IA est posée. Si l’IA apporte des avancées considérables, notamment en santé, « le souci, c’est que ça va très vite ». La solution réside dans un renforcement du contrôle humain : « l’IA propose et l’humain décide ». Ces garde-fous, à mettre en place avec les États et l’ONU, sont jugés essentiels car les créateurs d’IA eux-mêmes ne maîtrisent pas toujours les actions de leurs créations. Le risque d’utilisation malveillante, notamment dans le domaine militaire, est également souligné. Pour l’utilisateur, l’esprit critique reste le meilleur rempart. Christophe Leonet insiste sur la nécessité de « toujours vérifier les sources, qui sont affichées par les IA ». En effet, l’IA peut être sujette à des « hallucinations », produisant des informations erronées. Le rôle de l’humain change : il s’agit désormais de travailler « avec l’IA et sous contrôle d’un expert humain dans tous les secteurs et dans tous les domaines » afin de valider l’exactitude des informations générées.AI Overviews : la fin des clics pour les médias ?
Les IA agentiques et l’alerte de l’ONU
Maîtriser l’IA : entre vérification et garde-fous








