L’invité du jour — David Métreau : Népal, des chrétiens au secours des sinistrés

Le 26 août dernier, un effondrement glaciaire d’une ampleur inédite a dévasté une partie de l’Himalaya à la frontière népalo-tibétaine. Dix jours après la catastrophe, le bilan est effroyable : plus de 1 200 morts et plus de 4 700 personnes portées disparues, tandis que des villages entiers, des routes et des infrastructures vitales ont été rayés de la carte. Cette région, fréquentée par les populations locales, les touristes, les pèlerins et les travailleurs des projets hydroélectriques, se retrouve aujourd’hui coupée du monde. David Métreau, rédacteur en chef de Christianisme Aujourd’hui, fait le point sur l’ampleur des dégâts et l’engagement des communautés locales dans ce contexte de crise. La crue dévastatrice a frappé les districts de Rasuwa, Nuwakot, Dhading et Chitwan, emportant tout sur son passage. Au-delà des pertes humaines, l’infrastructure est anéantie : ponts détruits, axes routiers majeurs impraticables. « Il n’y a plus de grands axes routiers », souligne David Métreau, rendant l’accès aux vallées sinistrées extrêmement difficile pour les secours. Les conséquences immédiates sont dramatiques. Les voies d’accès à la capitale, Katmandou, sont coupées pour au moins une semaine. L’incertitude plane sur la réouverture des écoles et des risques de nouvelles crues restent une menace constante. Les populations survivantes font face à des pénuries massives de produits de première nécessité, du carburant aux denrées alimentaires. Paradoxalement, après une inondation majeure, l’accès à l’eau potable est devenu un problème crucial. Au cœur de cette tragédie, les communautés chrétiennes népalaises, qui représentent environ 2% de la population, ont également été frappées de plein fouet, notamment dans les districts de Rasuwa et de Nuwakot. Prem Tamang, président de l’Église anglicane au Népal, a rapporté des informations alarmantes sur les dégâts. « Plusieurs églises, donc bâtiments, ont été totalement endommagés et détruits », précise David Métreau. Dans une localité, une cinquantaine de chrétiens sont portés disparus, tandis que dans une autre ville, « 30 chrétiens ont perdu la vie ». Malgré la souffrance, la réaction des équipes et des chrétiens locaux a été immédiate : « Cette volonté de manifester l’amour auprès de ceux qui souffrent et qui sont dans la douleur », explique David Métreau. Prem Tamang, accompagné du pasteur Purna Acharya de Katmandou et d’autres volontaires, s’est rendu sur le terrain, bravant des conditions extrêmes, des routes coupées et plusieurs heures de marche pour atteindre les zones sinistrées. Sur place, l’étendue des dégâts matériels a choqué les équipes : « Des maisons entières avaient été emportées ». Mais au-delà de la destruction, ils ont rencontré des survivants désespérés, sans eau potable ni nourriture, et ont pu modestement leur venir en aide. Le pasteur Prem Tamang résume la philosophie de leur action : « Dans ces situations, la priorité est simplement de montrer l’amour de Dieu à tout le monde ». Concrètement, cela se traduit par l’accompagnement des personnes âgées, des femmes enceintes, la visite aux enfants, le soutien aux personnes ayant perdu leur logement et l’écoute des personnes endeuillées. « C’est une présence et une écoute », insiste David Métreau. Les besoins sont immenses et se divisent en plusieurs phases : une phase d’urgence avec la distribution de vivres, tentes, ustensiles de cuisine et vêtements, suivie d’une phase de reconstruction des maisons et infrastructures. David Métreau rappelle que, pour les croyants, la prière est également un acte de solidarité. « Les besoins sont immenses et dépassent notre capacité actuelle. Mais nous plaçons notre confiance en Dieu et faisons tout notre possible pour apporter de notre aide », conclut-il, citant un pasteur népalais. Le Népal est aujourd’hui face à un immense défi humanitaire, nécessitant une mobilisation durable pour panser les plaies et reconstruire les vies brisées. Purna Acharya (avec autorisation) / Prem Tamang et les trois dames secourues : Dil Maya, Gathi Maya et Ghaith.Chaos et isolement après le déluge de boue
Des communautés chrétiennes durement touchées et mobilisées
L’aide au plus près des besoins pour « montrer l’amour de Dieu »








