Nicolas Fouquet – Prix Nobel de la Paix 2020

Nicolas Fouquet – Prix Nobel de la Paix 2020
Grain de sel/poivre ?

 
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PHARE FM : La chronique Grain de SEL/Grain de poivre du jour est apportée par Nicolas Fouquet du SEL, l’ONG protestante de solidarité internationale. 

De quoi allons-nous parler aujourd’hui ?

Nicolas : Je vous propose d’évoquer un sujet dont il a été question dans les médias mais trop peu à mon goût. Par cette chronique, j’espère contribuer à le mettre un peu plus en lumière et vous apporter un éclairage nouveau. Il s’agit de l’attribution du prix Nobel de la Paix 2020 le mois dernier au PAM.

PHARE FM : Le PAM ? De qui s’agit-il ?

Nicolas : Le PAM, c’est un acronyme pour Programme Alimentaire Mondial. Ce programme est rattaché aux Nations Unies. Il s’agit en fait de la plus grande agence humanitaire de lutte contre la faim dans le monde. Quelque soit le regard que l’on porte sur les distinctions honorifiques telles que les prix Nobel, le travail que fournit l’agence est colossal et essentiel dans un monde qui a plus que jamais besoin de solidarité et d’entraide.

PHARE FM : Y a-t-il une raison d’après vous pour que cette attribution ait été moins médiatisée que d’autres par le passé ?

Nicolas : Plusieurs raisons pourraient sûrement être avancées. L’une d’entre elles à mes yeux, c’est que la récompense a été attribuée à une institution et non à une personne. L’incarnation du combat est moins forte dans ces cas-là. Les médias préfèrent généralement mettre en avant des figures charismatiques. Dans le cas d’une agence onusienne, c’est plus compliqué. Même s’il y a bien à la tête du PAM un directeur exécutif. Un américain du nom de David Beasley en l’occurrence.

PHARE FM : S’agit-il d’une personnalité connue ?

Nicolas : A l’international, pas vraiment. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir une belle carrière. C’est un ancien gouverneur républicain de la Caroline du Sud. Ce qui est intéressant par ailleurs, c’est la foi qui l’anime. Même si la récompense a été attribuée au PAM et pas à lui directement, il s’ajoute en quelque sorte à la liste des prix Nobel de la Paix évangéliques. Une liste qui s’allonge…

PHARE FM : Les prix Nobel de la paix de confession évangélique sont nombreux ?

Nicolas : Ces dernières années oui. En forçant un peu le trait, on pourrait presque parler de « mainmise » des évangéliques sur la récompense. Puisque les trois derniers prix ont un lien avec des croyants engagées. En 2018, le docteur Mukwege avait été co-lauréat. Et en 2019, le vainqueur était le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed. Ce qui est intéressant de relever par ailleurs, c’est que leur foi est assez souvent passée sous silence par les médias. Comme s’il ne fallait parler des évangéliques que pour évoquer leurs dérives mais jamais lorsqu’ils font de bonnes choses.

PHARE FM : Et ces figures reconnues sont loin d’être les seules à mener de belles actions…

Nicolas : Effectivement. C’est encourageant de voir cette reconnaissance internationale envers des initiatives de grande ampleur. En même temps, il ne faut pas non plus occulter que d’autres chrétiens s’engagent à leur niveau, plus discrètement que le Programme alimentaire mondial, dans la lutte contre la faim. Chaque action est importante. Que ce soit à titre individuel ou en passant par des structures chrétiennes, comme le SEL où je travaille, beaucoup cherchent à vivre concrètement l’amour du prochain. Et vous ?