Jean-François Mouhot – L’importance des bonnes nouvelles

Grain de sel/poivre ?
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Jean-François Mouhot - L'importance des bonnes nouvelles
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Temps de lecture : 3 minutes

PHARE FM : Ce matin vous voudriez nous parler de l’importance des bonnes nouvelles…

Jean-François : J’ai envie de vous partager un de mes défis du moment, qui est que j’ai envie d’encourager les gens et de partager un message positif, sans oublier la situation écologique qui est préoccupante et sans rassurer faussement les gens.

PHARE FM : C’est une ligne de crête qui est difficile à tenir…

Jean-François : Oui, d’un côté il faut avoir conscience que les médias en général annoncent surtout des mauvaises nouvelles et insistent sur ce qui ne va pas, plutôt que ce qui va bien, et beaucoup de gens sont déprimés à force d’entendre ces mauvaises nouvelles. Passer trop de temps à écouter les infos n’est sans doute d’ailleurs pas très sain en soi. Luc, l’auteur des Actes des apôtres, remarque qu’à l’époque où Paul visite Athènes, au 1er siècle après Jésus Christ, “tous les Athéniens (…) ne passaient leur temps qu’à dire ou à écouter des nouvelles” et Luc laisse entendre que ce n’est pas très édifiant. Il est donc justifié de se concentrer sur LA “bonne nouvelle” (l’Evangile) plutôt que d’écouter en boucle des mauvaises nouvelles

PHARE FM : Donc … où est le problème?

Jean-François : Le problème il est que mon métier c’est de parler d’écologie. Or on me demande de plus en plus de “délivrer un message positif” quand j’en parle. Récemment j’ai écouté une conférence d’un scientifique du climat qui nous disait d’être encourageant, et résumait le message à transmettre aux gens comme ceci (je cite): “le problème du changement climatique est bien réel, c’est bien nous les responsables, les experts sont d’accord, la situation est grave, mais [et c’est là le point important] on peut résoudre le problème”.

PHARE FM : Ben, c’est plutôt positif non, ça devrait nous réjouir?

Jean-François : Je serais ravi de délivrer ce message que le changement climatique est solutionnable… si j’y croyais. Mais… je ne suis pas du tout sûr qu’on peut résoudre ce problème. Je suis même convaincu qu’on ne pourra pas le résoudre facilement, en tout cas pas en faisant confiance à nos seules forces humaines, sans l’aide de Dieu. Il y a plein d’exemples dans la Bible de prophètes à qui on demande d’annoncer de “bonnes nouvelles” pour rassurer, et plein d’exemples de faux prophètes qui disent au peuple et au Roi ce qu’ils ont envie d’entendre… Or Dieu condamne les faux prophètes!
Voyez l’histoire du prophète Michée sur qui on fait pression pour qu’il dise des choses positives sur le projet dangereux du Roi d’attaquer son voisin. Le serviteur du roi dit à Michée : « Voici, les prophètes d’un commun accord prophétisent du bien au roi; que ta parole soit donc comme la parole de chacun d’eux! Annonce du bien! » (2 Chroniques 18)… Michée refuse, prédit un désastre au Roi, mais celui-ci n’écoute pas et il est tué au combat.

PHARE FM : Face à la crise environnementale, n’y a-t-il donc plus aucun espoir, plus rien qu’on puisse faire?

Jean-François : Si. La situation est très grave, mais il y a toujours de l’espoir. Par exemple, l’évacuation de Dunkerque en mai 1940 est aujourd’hui encore communément appelée, même par des non-croyants, le “miracle de Dunkerque” (une expression popularisée par Churchill). Le miracle s’est aussi produit – selon certains Chrétiens – parce que des centaines de milliers de personnes ont prié pour une délivrance miraculeuse à l’appel du Roi George VI et de l’archevêque de Canterbury pendant l’évacuation.

PHARE FM : Donc tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir,

Jean-François : Oui, surtout quand on est chrétien et qu’on croit que Dieu peut faire des miracles ou arranger des circonstances dans des situations qui paraissent désespérées. Il faut se rappeler que Dieu est capable de “calmer la tempête”, comme Jésus Christ l’a fait quand les disciples l’ont réveillé alors qu’il dormait dans une barque au milieu du lac de Galilée. “En effet, comme le rappelle l’apôtre Paul, quiconque fera appel au nom du Seigneur sera sauvée.” (Romains 10:13). Je pense qu’ on peut entendre « sauver » dans le sens que Jésus peut sauver “ici et maintenant” ceux qui l’appellent à l’aide, comme Jésus a sauvé ses disciples sur le lac de Galilée, et dans le sens plus large aussi de nous sauver de la mort par le don de la vie éternelle.