Jean-Marc Bellefleur – Tenues des lycéennes

Grain de sel/poivre ?
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Jean-Marc Bellefleur - Tenues des lycéennes
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PHARE FM : Alors quel est votre sujet aujourd’hui Jean-Marc ?

Jean-Marc : Au risque de paraître un peu superficiel, je voudrais vous parler de la “tenue des lycéennes”. Ce sujet a défrayé la chronique en France, au point que le ministre de l’éducation s’est fendu d’une déclaration, et a appelé de ses vœux sa fameuse « tenue républicaine ».

PHARE FM : Dans quel contexte dit-il cela ?

Jean-Marc : Nous assistons en ce moment à un mini-choc culturel : d’un côté, des règlements intérieurs de lycée qui exigent – depuis toujours – une “tenue correcte”, et de l’autre, un mois de septembre aux températures très estivales. Résultat : des lycéennes aux tenues trop “estivales”, justement, au goût de certains établissements, et donc des interdictions d’entrer, des convocations chez le proviseur, etc. L’affaire a fait grand bruit, et a conduit le ministre à s’exprimer.

PHARE FM : Mais ce n’est pas nouveau, à vrai dire…

Jean-Marc : Oh non ! la question de la tenue, des hommes, et surtout des femmes, a toujours été délicate. Fut un temps où les filles, que le bon usage contraignait alors à porter des jupes et des robes, ont revendiqué le port du “blue-jean” comme une affirmation de leur liberté. Aujourd’hui, le port d’une jupe se transforme à son tour en revendication face au bon vieux “jean” : les lycéennes montrent leur fierté de jeunes femmes en portant une jupe, et d’autres vêtements censés exprimer leur féminité.

PHARE FM : Mais pourquoi sont-elles revendicatives ?

Jean-Marc : C’est encore et toujours la même question : la place des femmes dans l’espace public, le regard que les hommes portent sur elles, le rapport au corps, la liberté d’être… Tout s’entrecroise autour de ces nombrils que l’on doit voir ou pas !
Nous avons constaté la libération assez récente de la parole des femmes contre les violences, le sexisme. C’est dans cet esprit que des lycéennes ont manifesté, à mon avis. Elles veulent qu’on les laisse exprimer leur féminité. Elles veulent être libres de se présenter en société comme elles le veulent. Elles ne veulent pas être prisonnières du regard des hommes. A vrai dire, je trouve qu’il y a une certaine vérité en cela.

PHARE FM : Que voulait alors dire le ministre en parlant de “tenue républicaine” ?

Jean-Marc : Il aurait pu parler de savoir-vivre, d’habitudes vestimentaires communes. Notre société est pleine d’usages, de codes. Certes, ces codes évoluent. On ne voit plus les “pattes d’éléphant” des années 70, par exemple. Mais ils existent bel et bien. Or un lycée, parmi tant d’autres établissements, est un lieu de travail, d’apprentissage. Sans aller jusqu’à l’uniforme, il est utile de préserver le cadre d’étude en cultivant un peu de retenue dans l’expression de soi, tant pour les garçons que pour les filles, d’ailleurs. Le président de la République parle de “bon sens”, tout simplement.
C’est là où la revendication des lycéennes, si elle a un fondement légitime, peut donner lieu à des excès. Après tout, des dress-code existent un peu partout, dans certaines entreprises, certaines administrations, et cela fait partie de la vie en société.

PHARE FM : Vous parliez tout à l’heure du “regard des hommes” ?

Jean-Marc : Oui, c’est une des choses évoquée dans notre débat. Les hommes doivent respecter les femmes, et leur liberté de s’habiller comme elles veulent. Et de leur côté, les femmes gagnent à exprimer leur féminité sans jeter aux orties les codes de vie en société. Mais je me garderai bien d’être plus précis !