Le miracle du mont Carmel

Lorsque l’on parle du prophète Élie, héros discret de l’Ancien Testament, il est un épisode souvent cité, une histoire incroyable qui va bouleverser le règne chaotique du roi de l’époque, Achab. Nous sommes environ en 870-865 avant Jésus-Christ. En ce temps-là, le roi d’Israël était sous l’influence néfaste de sa femme, la terrible Jézabel, laquelle venant de Phénicie, avait introduit des cultes concurrents à ceux dédiés à l’Éternel le Dieu d’Israël. Elle, elle ne jurait que par Baal et Astarté, des idoles pour qui Achab avaient même construit des temples dans sa capitale de Samarie. Les prophètes de l’Éternel avaient été éliminés par Jézabel, et ceux qui avaient échappé à sa cruauté vivaient cachés, ou en exil. Élie, le prophète toujours en opposition au couple royal, décide un jour de frapper un grand coup pour montrer la suprématie de son Dieu et surtout les mensonges des prêtres de Baal et d’Astarté. Il promet au roi un grand spectacle sur le mont Carmel. Là, la population est rassemblée pour voir ce qui allait se passer. Il y a aussi quelque 450 prêtres qui servent les idoles qu’adore Jézabel. C’est alors que Élie lance un défi. Il propose que les prêtres de Baal préparent l’holocauste d’un taureau. Que l’animal soit tué et placé sur un bûcher, sans allumer le bois pour l’instant. Lui, il fera de même avec un autre taureau sur un autre bûcher. Puis, chaque camp implorera son Dieu en lui demandant de faire tomber le feu sur son bûcher afin de griller le taureau. Et Élie conclut : « Le Dieu qui allumera son bûcher prouvera sa puissance et sa suprématie » Le peuple, enthousiaste, manifeste son accord et s’installe pour voir ce qui va se passer. Les prêtres de Baal se mettent à prier, à danser, à invoquer leur Dieu, mais point de feu. Élie ironise, les encourageant : « Criez plus fort, votre Dieu est peut-être occupé ailleurs ! Ou peut-être dort-t-il, il faut le réveiller ! » Pendant des heures, ces 450 prêtres s’époumonent, sans aucun effet. C’est alors le tour d’Élie d’invoquer son Dieu pour que le feu tombe sur le bûcher qu’il a préparé. Mais Élie, avant de prier, demande au public de venir arroser le bois d’eau, jusqu’à quatre énormes cruches. Le bois est alors trempé. Élie pousse le bouchon à demander que cette opération d’arrosage soit répétée encore deux fois. L’eau ruisselle partout. Alors, Élie se dresse devant l’autel et implore le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Il précise cette formule pour que tout le monde comprenne qu’il s’agit bien d’un appel au Dieu d’Israël. « Seigneur, montre à tous que tu es bien le Dieu en qui nous devons croire et vers qui il faut revenir, afin que tous vivent la fidélité d’autrefois ! » Aussitôt, le feu descend du ciel et embrase le bois, le taureau, et même les pierres d’alentours deviennent poussières ! Devant ce spectacle et ce miracle improbable, le peuple s’incline et invoque la clémence de Dieu. Quant aux prêtres de Baal, frappés de stupeur devant ce qu’ils viennent de voir, n’ont pas le temps de donner explications ou excuses. Le peuple, constatant qu’ils ne sont que des imposteurs, et se ralliant à Élie, les égorgent sur le champ.
(1 Rois 18)





