Paul à Éphèse

Après un voyage missionnaire à travers l’Empire romain et notamment en Grèce — un périple de près de trois ans —, Paul rentre à sa base, à Antioche. Il se repose de cette longue tournée durant laquelle il a parcouru, avec ses collaborateurs, environ 4 500 kilomètres. Mais un an plus tard, l’apôtre reprend la route pour son troisième voyage missionnaire. Ce nouveau périple durera près de quatre ans et couvrira presque autant de distance. À la fin de son précédent voyage, Paul était passé rapidement par Éphèse sans s’y attarder, tout en promettant d’y revenir. C’est donc là sa première étape. Paul va rester à Éphèse quasiment trois ans ; jamais il n’était resté aussi longtemps dans une même ville. À l’époque, Éphèse est une cité grecque majeure située en Asie Mineure (aujourd’hui en Turquie). C’est un centre politique, commercial, intellectuel et, naturellement, religieux. Paul y trouve une communauté juive importante et au moins une synagogue. Pourtant, il y fait une étrange découverte : il rencontre un groupe d’une douzaine de disciples de Jean-Baptiste. Paul les interroge sur leur foi et leur demande s’ils ont reçu le Saint-Esprit. Ces hommes s’en étonnent : « Nous n’avons même pas entendu dire qu’il y avait un Saint-Esprit ! » Paul leur explique alors : « Jean a baptisé du baptême de repentance, mais il disait de croire en celui qui venait après lui, c’est-à-dire Jésus-Christ. » Fascinés, ces hommes écoutent, et soudain le Saint-Esprit les touche. À l’image des Juifs de Jérusalem lors de la Pentecôte, ils se mettent à louer le Seigneur, à prophétiser et à parler en langues. Galvanisé par ce succès, Paul continue son évangélisation. Dans un premier temps, il se rend régulièrement à la synagogue, mais le succès y est mitigé. On l’écoute quelques sabbats, puis on se lasse de lui, allant jusqu’à lui mettre des bâtons dans les roues. L’apôtre décide alors de trouver un autre lieu pour annoncer l’Évangile. Il bénéficie de l’aide d’un certain Tyrannus. Ce dernier, un enseignant, invite Paul à utiliser ses locaux pour tenir ses réunions lorsque lui-même n’y donne pas de cours. L’influence de Paul à Éphèse et dans toute la région devient immense, et sa notoriété attire de plus en plus d’auditeurs.
Mais une ombre vient ternir le tableau. Des Juifs convertis à Jésus arrivent de Corinthe ; ils contestent l’autorité de Paul et lui reprochent de ne pas enseigner la « vraie » vérité. Selon ces hommes, que l’on appelle les « judaïsants », les païens qui acceptent Jésus comme Sauveur doivent aussi se soumettre aux rituels de la Loi de Moïse, et notamment à la circoncision. Le problème n’est pas nouveau. L’Église de Jérusalem avait déjà tranché la question lors d’un premier Concile. Pour Paul, exiger ces rituels reviendrait à dire que le sacrifice de Jésus à la croix n’est pas suffisant. Paul parvient à contrer ces attaques, mais il prend conscience que ces opposants sèment la division partout où ils passent. Ils viennent d’ailleurs de faire des ravages dans l’Église de Corinthe. Paul s’empresse alors d’écrire aux Corinthiens pour les mettre en garde et les inciter à ne pas se laisser égarer. Décidément, pour l’apôtre, on n’est jamais tranquille !




