La tension entre Paul et Barnabas

Le premier Concile de Jérusalem s’achève vers l’an 50. Une décision capitale y est prise : face aux « judaïsants » qui voulaient imposer la Loi de Moïse aux païens convertis, les apôtres tranchent qu’aucune obligation rituelle, comme la circoncision, ne doit s’ajouter à l’œuvre du Christ. Paul et Barnabas, heureux de voir ainsi confirmée la gratuité du don de Dieu, sont mandatés pour porter cette décision officielle à Antioche, accompagnés de deux délégués : Jude et Sylvain.
À Antioche, la lecture de cette lettre — véritable ancêtre des encycliques — réjouit la communauté. Cependant, la paix est fragile : le courant judaïsant ne s’avoue pas vaincu et continuera de troubler la prédication de Paul. Plusieurs mois passent. Sylvain, remarqué pour ses qualités de prédicateur et de prophète, repart pour Jérusalem avec Jude.
Bientôt, Paul ressent l’appel d’un deuxième voyage missionnaire. Son projet est de visiter les communautés nées de leur premier périple. Barnabas accepte, mais exige d’emmener à nouveau son neveu, Marc. Paul refuse catégoriquement : le jeune homme leur a « claqué dans les doigts » lors du premier voyage et ne lui semble pas assez fiable pour être invité.
Le ton monte. Barnabas plaide pour une seconde chance, mais Paul reste inflexible, exigeant un engagement absolu. Ce tandem, autrefois exemplaire, vole en éclats. La tension est telle que les portes claquent et que les deux amis décident de se séparer. Barnabas s’embarque avec Marc ; Paul, refusant de partir seul, fait rappeler Sylvain – qui est à Jérusalem –
Cette fracture entre deux piliers de l’Église n’a pu être évitée, obligeant chacun à poursuivre son ministère avec de nouveaux compagnons. Avec le recul, certains y verront un gain : au lieu d’une seule équipe missionnaire, il y en a désormais deux sur les routes.
D’autres souligneront que, bien plus tard, Paul et Marc retravailleront ensemble, preuve que la confiance a fini par se rétablir.
Ce qui demeure certain, c’est que l’œuvre de Dieu s’accomplit à travers des hommes qui, malgré leur foi, conservent leurs qualités et, parfois, leurs défauts !




