Le premier concil de Jérusalem

Paul et Barnabas, qui se reposaient à Antioche après un premier voyage missionnaire de deux ans, sont brusquement dérangés. Toute l’église avec eux est mise en émoi par l’arrivée d’un groupe de judéo-chrétiens venant de Jérusalem. Ces hommes, bien que convertis au message de Jésus-Christ et capables de prêcher l’Évangile, soutiennent une position radicale : le baptême ne suffit pas ; il faut également se faire circoncire.
Tout le monde n’est pas d’accord, et certainement pas Paul et Barnabas. Comme le débat risque de provoquer une crise interne majeure, la décision est prise de se rendre à Jérusalem pour demander conseil aux apôtres et à l’Église mère.
À leur arrivée, à Jérusalem donc, Paul et Barnabas retrouvent Pierre. Ils observent également que le “grand patron” est désormais Jacques, l’un des frères de Jésus, devenu le responsable de l’Église de Jérusalem. Paul et Barnabas racontent alors l’impact de la prédication chez les Juifs de la diaspora et chez les païens, notant les nombreuses conversions. Ils signalent toutefois le trouble semé par les judaïsants — ces Juifs devenus chrétiens qui exigent que les païens se soumettent à la loi de Moïse pour rejoindre l’Église.
Lors de cette rencontre, d’anciens pharisiens devenus chrétiens interviennent pour soutenir la position des judaïsants. Ils déclarent fermement : « Il faut circoncire les croyants non-juifs et leur commander d’obéir à la loi de Moïse. » Pour eux, il s’agit d’un retour à l’intégralité de la Loi.
Le ton monte et le débat s’envenime. C’est alors que Pierre intervient pour ramener le calme. S’appuyant sur sa propre expérience, il livre un argumentaire percutant : il juge dangereux et irresponsable d’imposer les rites juifs aux païens, alors que les Juifs eux-mêmes n’ont souvent pas été capables de les respecter.
« Comment pouvez-vous défier Dieu en voulant imposer aux croyants un fardeau que ni nos ancêtres ni nous-mêmes n’avons été capables de porter ? »
Cette intervention parvient à “clouer le bec” à l’assemblée. Barnabas et Paul reprennent ensuite la parole pour témoigner de ce qu’ils ont vu à Antioche et durant leurs deux ans de mission.
Enfin, Jacques, en sa qualité de responsable et frère de Jésus, apporte son soutien à Pierre, Barnabas et Paul. Citant les prophètes de l’Ancien Testament, il conclut : « J’estime qu’on ne doit pas créer de difficultés aux personnes non-juives qui se tournent vers Dieu. » Sa seule recommandation de prudence est de s’abstenir de manger de la viande provenant de sacrifices offerts aux idoles. Ces décisions, prises lors de cette réunion capitale vers l’an 49 ou 50, entrent dans l’histoire de l’Église sous le nom de Premier Concile de Jérusalem.




