La dynastie des Hérode

Si l’Évangile fait des progrès à Antioche de Syrie, dans la Turquie actuelle, les choses se gâtent à nouveau à Jérusalem. L’opposition, et même l’hostilité, vient d’Hérode Agrippa Ier. Avant d’aller plus loin, il faut peut-être rappeler qui est cet Hérode-là par rapport aux autres membres de la dynastie dont parle le Nouveau Testament.
Le premier est Hérode le Grand. Il est roi à la solde des Romains et exerce le pouvoir de -37 à l’an 4 après Jésus-Christ. C’est lui qui, à Jérusalem, reçoit les mages venus d’Orient et ordonne le massacre des innocents peu après la naissance de Jésus.
Plus tard, les Évangiles parlent d’un deuxième Hérode, fils du précédent : Hérode Antipas. Il succède à son père en l’an 4 avec le titre de tétrarque de Galilée. C’est lui qui fait arrêter puis décapiter Jean-Baptiste. C’est aussi à lui que Pilate envoie Jésus, tentant de se débarrasser d’un cas difficile sous prétexte que l’accusé est Galiléen.
Enfin, nous en arrivons au troisième : Hérode Agrippa Ier. Il est le petit-fils d’Hérode le Grand. Il n’est pas fils d’Hérode Antipas, mais neveu. Sous le règne de l’empereur Claude, il règne seulement trois ans à Jérusalem. Le livre des Actes parle de lui au moment où il fait mourir Jacques, le frère de Jean et fils de Zébédée. Jacques meurt par l’épée, sans doute décapité.
En faisant mourir l’un des apôtres, Hérode Agrippa cherche à plaire aux responsables du Temple. Cela prouve que le clergé et les institutions ont toujours les chrétiens dans leur collimateur. Peu avant la Pâque de l’an 43 ou 44, Hérode continue sa campagne de séduction et fait emprisonner Pierre. Se souvenant que Pierre et Jean s’étaient déjà évadés miraculeusement, il fait garder l’apôtre par quatre groupes de quatre soldats. On ne sait jamais !
Quelque temps plus tard, Hérode Agrippa 1er doit régler des tensions à Césarée. Il s’y rend pour des pourparlers avec les représentants de Tyr et de Sidon. Aimant les mises en scène, il revêt son manteau royal et, depuis son trône, prononce un discours musclé. Sa clique l’acclame : « C’est un dieu qui parle, et non un homme ! » C’est alors qu’il est frappé par un ange de Dieu. Une étrange crise le jette à terre et il meurt, rongé par des vers selon le récit de Luc. Nous sommes en l’an 44 de notre ère.
Le fils d’Agrippa Ier, qui prendra le titre d’Agrippa II, n’aura des responsabilités politiques qu’en l’an 50. Il sera roi, mais jamais à Jérusalem ; il régnera sous surveillance romaine sur quelques contrées au nord, notamment en Galilée.
C’est à cet arrière-petit-fils d’Hérode le Grand que l’apôtre Paul sera présenté vers l’an 59 ou 60 à Césarée maritime. À sa mort en l’an 93, sans héritier, la dynastie des Hérode s’éteindra définitivement. J’allais dire … enfin !



