L’invité du jour — Rémy Vernay — 4 Français sur 10 privés de vacances : un enjeu social et humain crucial

Les vacances, moment tant attendu par de nombreux Français, restent malheureusement inaccessibles pour près de quatre d’entre eux sur dix. Ce constat alarmant, souvent lié à des contraintes financières ou organisationnelles, soulève des questions profondes sur l’équilibre social, le bien-être individuel et la construction identitaire. Rémy Vernay, délégué général de MIJE, met en lumière les défis et les solutions pour favoriser l’accès aux vacances pour tous.
Un sacrifice jugé secondaire
Le fait que 40 % des Français, incluant plusieurs millions d’enfants et de jeunes, ne puissent partir en vacances révèle une réalité préoccupante : « Le départ en vacances est malgré tout, quoi qu’on en dise, un sujet secondaire en France », déplore Rémy Vernay. Pourtant, l’expérience du voyage, même pour quelques jours, est jugée « rendatrice » par Rémy Vernay, offrant l’opportunité de « changer de cadre, découvrir d’autres lieux et rencontrer d’autres personnes ».
Le coût reste le frein principal, exacerbé par la baisse des aides publiques et du pouvoir d’achat. Rémy Vernay souligne une tendance inquiétante : « Ce qui se coupe en premier, ce sont ces départs en vacances qui sont des éléments de dépense qu’on coupe régulièrement. » Au-delà des considérations financières, les comportements ont évolué, notamment en post-Covid, avec des familles et des enfants « qui se replient un peu sur soi, avec des utilisations des écrans ». Cette réticence à sortir de sa zone de confort limite les opportunités de découvertes, que ce soit en camping, en auberge de jeunesse ou à l’étranger.
Plus qu’un loisir : un levier d’autonomie et de lien social
L’enjeu des vacances dépasse largement le simple loisir. Pour Rémy Vernay, « les vacances, c’est des vrais instants où on gagne en autonomie, où on construit sa personnalité. On sort de son environnement au quotidien, on découvre d’autres façons de vivre, d’apprendre à vivre avec les autres. » Le caractère ludique des vacances est indéniable, mais il s’avère presque secondaire face à l’importance de ces expériences dans la construction individuelle, en particulier chez les jeunes.
Des solutions pour démocratiser l’accès aux vacances
Face à ce défi, plusieurs dispositifs existent. Les Comités Sociaux et Économiques (CSE) offrent un soutien financier non négligeable aux salariés. Les collectivités locales jouent également un rôle crucial en proposant des financements. Des initiatives comme le dispositif PASS Colo contribuent à alléger le fardeau financier.
Les auberges de jeunesse représentent une solution particulièrement pertinente. Souvent associées aux adolescents et jeunes adultes, elles sont présentes en ville, à la campagne et à la montagne, offrant des tarifs abordables et de « vrais lieux d’hospitalité, de rencontres et de liens ». Rémy Vernay insiste sur leur rôle, notamment dans un contexte de repli sur soi : « se rencontrer dans ces différences, ce sont vraiment des moments importants ». Ces établissements, au-delà de l’hébergement partagé, proposent des espaces de vie conviviaux favorisant les échanges et la découverte.
Les voyages scolaires, quant à eux, constituent souvent « le premier départ de chez soi » pour de nombreux jeunes. Rémy Vernay y voit une « façon de voyager intelligemment », permettant à tous les élèves de partir, indépendamment de la situation financière de leur famille. Ces expériences, effectuées « en confiance » avec ses camarades et enseignants, sont une manière enrichissante de « découvrir la France, l’Europe » et de « grandir et apprendre de toutes ces expériences ».
En conclusion, partir en vacances n’est pas qu’une simple évasion ; c’est une occasion fondamentale de « se reconstruire, créer du lien et retrouver un équilibre ». L’engagement de structures comme MIJE et l’existence de dispositifs solidaires sont essentiels pour garantir que cet enjeu social et humain majeur ne reste pas l’apanage d’une partie seulement de la population française.









