L’invité du jour — Dr Jonathan Peterschmitt : les bons réflexes à adopter face aux tiques

Avec le retour des beaux jours et l’envie de profiter des activités en extérieur, la présence des tiques suscite de nombreuses interrogations. Ces petits acariens, vecteurs potentiels de maladies, s’invitent dans nos jardins et nos forêts. Le Dr Jonathan Peterschmitt, médecin généraliste, nous éclaire sur les risques et les bons réflexes à adopter. Du printemps à l’automne, les tiques sont particulièrement actives. Si la forêt est leur habitat de prédilection, il serait erroné de croire qu’elles s’y confinent. « On peut les rencontrer un peu partout à partir du moment où il y a de la végétation », explique le Dr Jonathan Peterschmitt. « Bien sûr, on pense à tout ce qui est promenade en forêt, puisque c’est le plus classique, mais dès que vous sortez dans un pré, même dans votre jardin, quand vous êtes près des buissons, des herbes hautes, tous ces environnements-là, sont susceptibles d’être des zones d’habitat pour cet animal. » Les tiques sont surtout connues pour les maladies qu’elles peuvent transmettre, bien que les risques liés à une morsure soient souvent méconnus. « On a deux principales pathologies auxquelles on peut penser quand on pense morsure de tique », précise le Dr Jonathan Peterschmitt. La première, et la plus connue, est la maladie de Lyme, causée par une bactérie. La seconde est la méningo-encéphalite à tiques, une pathologie virale. « Ce sont ces deux pathologies dont on se méfie principalement », ajoute-t-il, soulignant la gravité potentielle de ces affections. Il est important de noter qu’un vaccin existe contre la méningo-encéphalite à tiques, recommandable pour les personnes vivant dans les régions les plus exposées. Ce vaccin peut être administré dès le plus jeune âge. « Certains pays limitrophes avec notre propre pays, sont assez dynamiques à ce niveau-là. En Suisse, par exemple, la vaccination est proposée de façon relativement large, voire quasi systématique. » Pour le Dr Jonathan Peterschmitt, la première étape pour se protéger est la prise de conscience, permettant ainsi d’être plus prudent et plus vigilant, sans pour autant tomber dans une crainte excessive. Plusieurs mesures préventives simples peuvent être adoptées, à commencer par le port de vêtements couvrants : « Il vaut mieux se protéger avec des vêtements qui soient longs. Souvent on préconise des vêtements clairs lors des promenades tout simplement parce que ça permet de mettre en évidence la tique de manière beaucoup plus visible et donc de s’en débarrasser parfois avant la morsure. » Il est également recommandé de rester sur les chemins : « Essayer d’éviter de marcher dans les forêts trop hautes, rester sur les chemins, c’est souvent une manière sûre de les éviter. » Et enfin, des répulsifs adaptés peuvent être appliqués avant une sortie. La découverte d’une tique accrochée à la peau peut être une source d’inquiétude. Le Dr Jonathan Peterschmitt insiste sur l’importance de la rapidité d’action : « Lorsque l’on constate qu’une tique est déjà dans la peau, à ce moment-là, la première des choses, est de l’enlever. » L’opération peut être réalisée soi-même avec une pince à tiques ou, en cas de doute, par un professionnel en pharmacie ou chez le médecin. Une règle d’or à retenir : ne jamais utiliser de produits sur la tique. « On ne met pas d’éther, pas d’alcool sur la tique au risque de la faire régurgiter, ce qui favoriserait malheureusement l’infection », rappelle le médecin. Après une exposition à risque, un examen corporel minutieux est essentiel, notamment dans les zones cachées que les tiques affectionnent particulièrement : cuir chevelu, derrière les oreilles, plis de la peau (genoux, aisselles). Les enfants nécessitent une attention particulière, car ils ne sauront pas toujours identifier seuls une tique. Certains signes post-morsure doivent alerter et inciter à consulter sans tarder. Parmi ceux-ci, l’érythème migrant : « C’est un signe spécifique de la maladie de Lyme. Vous avez une rougeur qui peut se former autour de la morsure de la tique et petit à petit grandir, se diffuser et effectuer une sorte de grand cercle, de grande cible, assez typique de cette maladie. » Un traitement est alors nécessaire. Si des symptômes généraux inexpliqués apparaissent, il est également recommandé de consulter son médecin. « Des douleurs articulaires, des maux de tête, de la fatigue, des douleurs musculaires, des choses qui pourraient paraître très atypiques et qui ne seraient pas expliquées par autre chose. » Les morsures de tiques peuvent également provoquer une infection locale, due à des bactéries de la peau. Des rougeurs, douleurs persistantes ou croûtes au niveau de la morsure justifient une consultation. Le Dr Jonathan Peterschmitt conclut en souhaitant « à tout le monde de très belles balades printanières et beaucoup de prudence sans inquiétude. »Où peut-on rencontrer les tiques ?
Les maladies transmises par les tiques
Prévention : les gestes simples pour se protéger
Que faire en cas de morsure ?
Quand consulter un médecin ?








