L’invité du weekend — L’association Un coeur et des mains, avec Serge Herrbrech

Depuis 2011, l’association Un cœur et des mains vient en aide à des populations chrétiennes isolées afin de leur permettre de reprendre leur destin en main grâce à des projets de formation, d’accompagnement et d’équipement. Présentation avec Serge Herrbrech, cofondateur avec son épouse de la fondation.
À la naissance de ce projet, la cession de leur entreprise dans le domaine de l’agroalimentaire et un choix de s’investir personnellement plutôt que de continuer à soutenir seulement financièrement des associations similaires…
Nous avons soutenu de longue date des associations en tant qu’entrepreneurs. Ayant un peu plus de temps matériellement, nous avons eu à cœur de soutenir notamment deux associations, deux ONG qui sont proches de nous et que nous connaissons, avec comme objectif d’être immergés dans les projets, pour être plus proches des gens.
La devise, devenue moteur de la vision d’Un cœur et des mains, est : « Apprendre aux gens à pêcher un poisson, plutôt que de leur donner à manger ».
Nous ne voulions pas juste envoyer de l’argent de ci de là, mais être là activement pour aider les gens à se nourrir par eux-mêmes. On a vu trop de choses, et particulièrement à Madagascar, où je crois que c’est le pays au monde où il y a le plus d’ONG sur place. Et ces ONG, en fait, mettent un petit peu les gens dans une dépendance. C’est ce que nous ne voulions pas, d’être les Blancs qui arrivent avec un gros portefeuille et qui distribuent des billets. Ce n’est pas notre vision.
Avec le concours de l’ONG Madatafita, ils œuvrent à Madagascar, où la crise politique que traverse le pays n’a, fort heureusement, pas eu d’impact négatif sur l’activité.
Il y a 350 enfants dans les écoles aujourd’hui qui sont soutenus, parrainés, par des donateurs réguliers. Les enfants ont droit à un repas à midi et c’est souvent le seul repas qu’ils ont. Il y a une cinquantaine de personnels sur place, les instituteurs, l’organisation, et cela donne du travail à peu près à une quarantaine de personnes. C’est une joie de voir ces enfants évoluer parce que souvent ils restent au champ, les parents ne veulent pas les mettre à l’école, mais le fait d’avoir la gratuité de l’école, c’est une chance pour ces enfants-là et ils en sont conscients.
Parmi les populations soutenues par ailleurs, celle de Beer Sheba au Sénégal où 100 personnes sont employées, et 100 enfants scolarisés, et l’implantation de l’Auberge de Sandiara, un restaurant solidaire où sont proposés les produits agroécologiques de Beer Sheba, une première pour la communauté locale !
Nous avons soutenu Beer Sheba dans l’implantation notamment grâce à notre métier, nous étions dans l’agroalimentaire, la charcuterie et les plats cuisinés. Donc nous avons mis en place une boucherie, et l’élevage étant sur place, nous avons commencé à former des gens dans ce domaine-là. Aujourd’hui, le restaurant Sandiara, qui a ouvert ses portes il y a deux ans maintenant, vend les produits qui sont fabriqués à la ferme. C’est donc une vraie synergie. Et en même temps, le Sénégal, c’est quand même assez grand et le restaurant est situé sur la route qui mène au Mali. Sandiara est un petit village mais sa route, celle de la Casamance, fait qu’il y a énormément de gens qui passent. L’idée d’Éric Toumieux, le responsable de cette mission Beer Sheba était de se saisir de l’opportunité d’implanter un snack. Nous avons bien sûr adapté les produits à la population locale, qui n’est pas forcément habituée à aller dans des fast-foods. Nous avons adapté le tarif pour que ça puisse fonctionner. Et aujourd’hui, il me semble que le restaurant commence à devenir rentable.
Première diffusion le 7 février 2026.








