L’invité du jour — Frédéric De Bels : Octobre rose, dépister le cancer du sein pour mieux soigner

En plein Octobre Rose, le dépistage du cancer du sein, le cancer le plus fréquent chez les femmes, est au cœur de la prévention. Détecter la maladie plus tôt, c’est augmenter les chances de guérison, comme l’explique Frédéric De Bels, responsable du pôle prévention à l’Institut national du cancer. Il souligne l’impératif d’une démarche proactive pour une meilleure prise en charge et des traitements moins invasifs. Le dépistage organisé, s’adressant aux femmes âgées de cinquante à soixante-quatorze ans sans facteurs de risque ni symptômes, est un pilier essentiel de la lutte contre le cancer du sein. « C’est important de détecter la maladie à un stade le plus précoce possible parce que dans ce cas-là, on va avoir plus de guérison, neuf cas sur dix, et avec des traitements qui seront par la suite moins lourds et avec moins de séquelles», précise Frédéric De Bels. Il insiste sur la régularité de cette démarche : « il faut faire ce dépistage tous les deux ans ». Au-delà de cette tranche d’âge spécifique, la surveillance de la poitrine est une préoccupation qui doit débuter plus tôt. Dès vingt-cinq ans et tout au long de la vie, un examen clinique annuel des seins chez le médecin traitant, un gynécologue ou une sage-femme est recommandé. Ce geste simple constitue une première étape dans la prévention. Frédéric De Bels distingue le dépistage organisé, pour les personnes sans symptômes ni antécédents, de la démarche diagnostique : « Dès lors qu’il y a des symptômes, une boule qu’on détecte, par exemple, on est plus dans une phase de diagnostic. » Pour les cas présentant des antécédents personnels ou familiaux, un suivi particulier est mis en place, en dehors du cadre du dépistage organisé. Malgré l’efficacité prouvée du dépistage, de nombreuses femmes hésitent encore à s’y soumettre. Frédéric De Bels identifie plusieurs obstacles : « Ça peut être la peur de l’examen et du résultat en particulier. » À cela s’ajoutent des difficultés d’accès dans certaines régions, avec des délais de rendez-vous en radiologie, et un manque de temps. Une autre raison évoquée est le sentiment de ne pas être concernée : « l’impression qu’on ne se sent pas concerné : tout va bien, on travaille, on est actif et on n’a pas de symptômes donc on ne voit pas l’intérêt d’aller faire le dépistage, alors que c’est justement quand on n’a pas de symptômes qu’il faut le faire. C’est important, ça sauve les vies. Même si le cancer du sein est un cancer qu’on dit de bon pronostic, il y a quand même douze à treize mille femmes qui décèdent de ce cancer chaque année. » Le dépistage permet justement d’anticiper la maladie, de bénéficier de traitements moins lourds et d’augmenter considérablement les chances de guérison. Si l’âge demeure le principal facteur de risque et que les antécédents familiaux ne dépendent pas de nous, certains comportements peuvent être modifiés pour réduire les risques de développer un cancer du sein. Frédéric De Bels met en avant des habitudes de vie sur lesquelles il est possible d’agir. « On ne le sait pas forcément, mais l’alcool est quand même à l’origine de huit mille cancers du sein par an, ce qui n’est pas anecdotique. Le tabac également, le manque d’activité physique. » Le surpoids, l’obésité, une alimentation déséquilibrée et les traitements hormonaux sont également cités comme des facteurs de risque modifiables. Adopter un mode de vie sain constitue donc un geste de prévention majeur. Au-delà du dépistage régulier, il est crucial d’être attentif aux changements de son corps. Une boule dans le sein, une modification de la peau ou un changement au niveau du mamelon doivent inciter à consulter sans tarder. « Dès qu’on remarque quelque chose d’inhabituel […], on n’hésite pas à consulter son médecin ou un gynécologue pour aller voir ce qu’il y a derrière, si c’est normal ou pas. » Même si ces signes peuvent être bénins (un kyste par exemple), une évaluation médicale permet de poser un diagnostic rapide. Pour conclure, Frédéric De Bels rappelle un conseil essentiel : « Ce qu’on recommande, c’est vraiment de réaliser son dépistage des cancers du sein tous les deux ans, et ne pas hésiter à relancer si on n’a pas reçu l’invitation qui permet de bénéficier de la prise en charge à 100%. » Le dépistage, pris en charge intégralement par l’Assurance Maladie dans le cadre du dispositif organisé, offre la clé d’une guérison dans plus de neuf cas sur dix lorsqu’il est détecté tôt.Le dépistage organisé : un rendez-vous à ne pas manquer
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