L’invitée du jour — Dr Syria Laperche : « Sans don du sang, beaucoup de traitements contre le cancer seraient impossibles » – Pourquoi chaque don compte

Le 4 février dernier, à l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, nous avons choisi de braquer la lumière sur un geste simple, souvent discret, parfois oublié… mais absolument vital : le don du sang.
Pour des milliers de patients atteints de cancer, le don du sang n’est pas un acte solidaire parmi d’autres : c’est un acte de survie.
L’histoire d’Annabelle, atteinte d’un cancer du sang, l’illustre puissamment. Affaiblie par les traitements, elle a reçu une transfusion qui, selon ses mots, lui a redonné :
« énergie, force, couleurs… et surtout, de l’espoir. Ce sang n’était pas un médicament, mais le don d’un anonyme qui venait de me sauver la vie. »
Pour comprendre ce rôle essentiel, j’ai reçu le Dr Syria Laperche, directrice médicale de l’Établissement français du sang.
Les patients atteints de cancer : premiers receveurs de produits sanguins
Ce que peu de gens savent, c’est que les patients atteints de cancer sont ceux qui ont le plus recours aux transfusions. Le Dr Laperche le rappelle sans détour :
« Dans les cancers, on utilise des traitements qui affaiblissent ou suppriment la production de cellules sanguines comme les globules rouges et les plaquettes. Pour conserver un état de santé compatible avec les soins, il faut recourir aux transfusions. »
Autrement dit : sans don du sang, nombre de chimiothérapies ou traitements lourds seraient impossibles à mener.
Cancers du sang : pourquoi les transfusions sont indispensables
Pour les leucémies, myélomes ou lymphomes, les transfusions ne sont pas un accompagnement : elles sont une étape thérapeutique à part entière.
« Lorsqu’on détruit les cellules cancéreuses, on détruit aussi les cellules productrices du sang. Pour compenser ce manque, on transfuse des plaquettes – indispensables à la coagulation – et des globules rouges, qui transportent l’hémoglobine et oxygènent les tissus. »
Sans globules rouges : fatigue extrême, essoufflement, risque vital.
Sans plaquettes : risques hémorragiques majeurs.
C’est aussi simple… et aussi crucial.
L’aplasie : un passage à haut risque
Lorsqu’un patient subit une chimiothérapie intensive ou une greffe de moelle, sa moelle osseuse entre en aplasie : elle ne produit plus de cellules sanguines.
Dans ces moments-là, les transfusions deviennent systématiques.
Le Dr Laperche insiste :
« Sans globules rouges, les organes ne sont plus oxygénés. Sans plaquettes, le risque d’hémorragie est très élevé. Lorsque ces cellules ne sont plus produites, il est absolument nécessaire de les substituer. »
Une poche de plaquettes peut, littéralement, sauver une vie en une heure.
Sang total, plasma, plaquettes : à quoi sert chaque type de don ?
Pour aider le grand public à comprendre, le Dr Laperche détaille les trois formes de don :
Le don de sang total
« Il permet de recueillir l’ensemble du sang, à partir duquel on produit trois types de produits : globules rouges, plaquettes et plasma. »
Le don de plaquettes
« On ne conserve que les plaquettes. Les autres composants sont restitués au donneur. »
Le don de plasma
« On ne garde que le plasma, et on rend globules rouges et plaquettes au donneur. »
Chaque type de don répond à un besoin thérapeutique précis.
Et tous sont indispensables dans la lutte contre le cancer.
Comment expliquer au grand public que donner son sang, c’est sauver ?
Je demande alors comment, simplement, convaincre le public de l’importance de ce geste.
« Les traitements contre le cancer sont très agressifs. Ils détruisent les cellules tumorales, mais aussi les cellules normales qui produisent le sang. Lorsque la production chute, il faut la compenser. La transfusion permet d’assurer une santé optimale aux patients. »
Le don n’est donc pas un geste facultatif : c’est une condition nécessaire pour que les traitements puissent être administrés jusqu’au bout.
De quoi l’EFS a-t-il le plus besoin aujourd’hui ?
La réponse est claire, et urgente :
« Nous avons un grand besoin de plasma. Le plasma permet de fabriquer des protéines essentielles, notamment des immunoglobulines, indispensables à de nombreux patients. »
Aujourd’hui, l’autosuffisance européenne n’est pas encore assurée.
Chaque don de plasma compte. Vraiment.
Pour donner, c’est simple :
👉 rendez-vous sur dondesang.efs.sante.fr pour trouver le lieu et l’horaire qui vous conviennent.
Conclusion : un geste simple, une vie sauvée
Le don du sang est parfois invisible… mais pour les patients atteints de cancer, il n’a rien d’anodin.
Une poche de globules rouges permet de respirer.
Une poche de plaquettes permet d’éviter une hémorragie.
Une poche de plasma apporte des protéines vitales.
À chaque fois, c’est un être humain qui est maintenu en vie.
Et derrière chaque poche de sang…
il y a un visage, il y a une histoire, il y a une seconde chance.








