Paul apôtre des non Juifs

La première équipe missionnaire du livre des Actes des Apôtres est conduite par deux hommes mis à part pour l’œuvre de Dieu et envoyés par l’Église d’Antioche de Syrie : Paul et Barnabas. Une des étapes de leur voyage passe par une autre ville qui porte aussi le nom d’Antioche, mais il s’agit cette fois d’Antioche de Pisidie.
Dans cette ville de Turquie, comme dans beaucoup de cités de l’Empire romain tout autour de la Méditerranée, il y a des synagogues pour les Juifs de la Diaspora. Tout naturellement, lorsqu’ils arrivent dans une ville pour annoncer le message de Jésus-Christ, Paul et Barnabas se rendent premièrement dans ces lieux de culte.
Luc, qui raconte cette histoire, précise comment les choses se passent. « Le jour du sabbat, Paul et Barnabas entrent dans la synagogue et s’assoient. Après qu’on a fait la lecture dans les livres de la Loi de Moïse et des Prophètes, les dirigeants de la synagogue s’adressent à eux : « Frères, si vous avez quelques mots à nous adresser pour nous encourager, nous vous écoutons. »
Paul est le premier à répondre à cette invitation. Il embraye aussitôt en créant des liens et des passerelles entre les textes de la Torah — la Bible hébraïque — et les accomplissements révélés par la venue de Jésus-Christ. Quand on lit le résumé de ses discours, on note sa grande connaissance des textes anciens et sa capacité à faire tout converger vers l’Évangile. Il est vrai que Paul a fait de hautes études en théologie. S’il en impressionne beaucoup, la crainte et la défiance viennent des responsables juifs. Comme à Jérusalem, ils ont peur de cette nouvelle doctrine selon laquelle le Messie serait ce Jésus que le Temple n’a pas été capable de discerner ni de reconnaître.
Par conséquent, si certains sont prêts à écouter la Bonne Nouvelle, d’autres s’y opposent et menacent Paul et Barnabas. Or, les deux missionnaires sont convaincus de leur appel et ne peuvent y renoncer. Ils décident donc de procéder autrement. Ils déclarent que si, à la synagogue, ils ne peuvent s’adresser aux Juifs, ils s’adresseront à tout le monde, hors du circuit juif. Ils ont compris que le message est universel ; dès lors, pourquoi poursuivre l’annonce là où elle est refusée ?
Paul et Barnabas se tournent résolument vers les païens. Ces derniers en sont tout heureux : ils découvrent en effet qu’ils sont désormais récepteurs, et même récipiendaires, des bénédictions du Dieu d’Israël, qui est aussi le Dieu créateur, le Dieu unique. C’est à partir de là qu’on va reconnaître le rôle spécial de Paul en tant qu’« apôtre des païens » ou « apôtre des Gentils ».
On découvre aussi que Paul ne pouvait annoncer l’Évangile au monde entier avant que la porte ne soit ouverte par Pierre. C’est précisément ce que l’apôtre Pierre avait fait chez le centurion Corneille. Là, Pierre avait été obligé de constater que les non-juifs recevaient le même Saint-Esprit que les Juifs à la Pentecôte. C’était alors l’accomplissement d’une promesse, voire d’une prophétie de Jésus qui avait dit à Pierre : « C’est toi qui ouvriras la porte du Royaume aux Juifs et aux non-juifs. » Dès lors que la porte est ouverte pour les non-juifs par Pierre, Paul peut entamer son ministère spécifique à leur endroit.




