Apparition aux disciples

Il s’en passe des choses à Jérusalem ce matin-là ! Les femmes, qui sont allées au tombeau de Jésus, reviennent en courant. Elles tentent d’expliquer aux disciples — plus ou moins planqués car ils ont peur depuis plusieurs jours — que Jésus est vivant. Pierre et Jean se sont précipités au sépulcre pour n’y trouver qu’un ange leur disant qu’il ne faut plus chercher Jésus ici, mais qu’il faut le rejoindre en Galilée. Puis, deux compagnons qui avaient quitté Jérusalem quelques heures plus tôt reviennent d’Emmaüs en hâte pour dire qu’ils ont mangé avec lui. Enfin, pas tout à fait « mangé », puisque le Seigneur s’était quasiment évaporé au moment même où ils partageaient le pain. On imagine donc tous ces gens : les onze disciples (puisque Judas s’est suicidé), les femmes, Cléopas et son ami du chemin d’Emmaüs, et qui sait encore… Ils sont ensemble dans une maison bien fermée. Chacun y va de son commentaire, de son témoignage, de ses questions et de ses joies. Et soudain, il est là. Oui, Jésus est là, au milieu d’eux, alors que portes et fenêtres étaient closes. « Que la paix soit avec vous », dit-il. Tu parles ! C’est plutôt la panique que la paix. Ils pensent voir un fantôme, un esprit. C’est tout de même un peu fou, ces disciples qui croient encore aux fantômes ! Mais ce n’est pas la première fois : ils ont eu la même frayeur lorsqu’ils étaient dans une barque sur le lac et qu’ils ont vu Jésus venir les rejoindre en marchant sur l’eau. Alors oui, c’est vrai, quelqu’un qui marche sur l’eau ou qui joue les passe-murailles, ça fait « flipper » à mort. Pourtant, plusieurs ont eu la confirmation que Jésus était vivant, et maintenant qu’il est là, devant leurs yeux, ils se pincent car ils croient rêver. Jésus s’en étonne presque : « Pourquoi êtes-vous troublés ? Pourquoi ces doutes ? Regardez mes mains et mes pieds, c’est bien moi. Touchez-moi ! Un esprit n’a ni chair ni os, et vous voyez bien que j’en ai. » Une fois qu’ils sont un peu remis de leurs émotions et qu’ils constatent qu’il s’agit bien de leur maître, de Jésus de Nazareth, et qu’il est vivant, ils sont tous joyeux tout en s’interrogeant encore. Là-dessus, Jésus leur demande à manger. C’est vrai qu’il devait avoir faim : à l’auberge d’Emmaüs, il avait rompu le pain mais n’en avait pas goûté. Manger, c’est la preuve de vie ultime qu’il fallait leur donner. Après avoir dégusté un morceau de poisson grillé, Jésus précise : « Je vous l’avais pourtant dit : je devais souffrir, je serais mis à mort et trois jours après, je me relèverais. » Pendant plusieurs heures, et même quelques jours, les disciples ont sans doute pensé que tout était fini, que leurs espoirs s’étaient dissous au pied de la croix. Mais voilà que tout recommence. L’histoire, en effet, ne fait que débuter.




