Le complot contre Paul

L’apôtre Paul pensait sans doute que tout irait bien pour lui à Jérusalem. Bien que ses amis lui avaient déconseillé de se jeter dans la gueule du loup, il considérait qu’il était de sa mission de prêcher l’Évangile dans la ville sainte afin d’y encourager les chrétiens. Cependant, les Juifs attachés à la lettre de la Torah lui reprochaient de détourner la foi et de créer une secte déviante. C’est pourquoi, menacé de mort, il ne dut son salut qu’à l’intervention d’une patrouille romaine.
Pour éviter une nouvelle émeute, le commandant romain fait mettre Paul en prison et menace même de le faire fouetter pour trouble à l’ordre public. C’est alors que Paul demande à l’officier : « Avez-vous le droit de fouetter un citoyen romain sans même l’avoir jugé ? » Surpris, l’officier en avertit aussitôt son commandant. Ce dernier s’étonne, car il pensait avoir affaire à un simple habitant de Jérusalem. Paul, parce que citoyen romain, est immédiatement délié et, naturellement, on ne le fouette pas.
Le lendemain, le commandant fait comparaître Paul devant le Grand Conseil des prêtres du Temple. Paul commence ses explications, mais le grand prêtre Ananias, qui ne souhaite pas l’entendre, ordonne qu’on le frappe sur la bouche. Paul, indigné, maudit Ananias. Le ton monte et on reproche à l’apôtre d’oser injurier le grand prêtre.
Comprenant que l’assemblée était composée de Pharisiens et de Sadducéens, Paul décide alors de les provoquer avec une certaine malice. Sachant que les premiers croient en la résurrection et que les seconds la nient, il lance le sujet. Aussitôt, les deux clans s’affrontent, oubliant presque le prisonnier. L’ambiance s’envenime à tel point que le commandant romain, un peu dépassé, décide d’extraire Paul de cette querelle pour le ramener en cellule.
Le lendemain, un groupe d’opposants décidés à faire disparaître Paul, met au point un complot : il projette de l’assassiner sur le trajet le conduisant à nouveau devant le Conseil. Mais un témoin inattendu apprend le projet : le fils de la sœur de Paul. Pour le lecteur du livre des Actes, c’est une surprise, car on ignorait jusque-là que Paul avait de la famille à Jérusalem.
Le neveu se rend à la prison pour informer son oncle, lequel avertit le commandant. Après avoir interrogé le jeune homme, l’officier décide de soustraire Paul aux comploteurs. Il organise un transfert immédiat vers Césarée, à 50 kilomètres de là, sous une escorte impressionnante : 70 cavaliers et 200 soldats armés de lances.
Paul, semble-t-il, est devenu une menace majeure pour l’ordre public.




