Le fils de la veuve de Sarepta

Le prophète Élie a trouvé refuge en Phénicie, au nord du royaume d’Israël. S’il a quitté son pays, c’est parce qu’il se sait menacé. Le roi Achab a épousé une phénicienne justement, laquelle a introduit des cultes idolâtres au dieu Baal et à la déesse Astarté. Or, les Israélites, qui devaient normalement n’adorer que Dieu, l’Éternel, le Dieu unique, le Dieu créateur, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, eh bien ces Israélites se sont mis à adorer Baal et Astarté. Mais la reine Jézabel ne s’est pas contenté d’introduire ces idoles, elle a entrepris de faire disparaître le culte historique dédié à Dieu. Élie, prophète – c’est-à-dire porte-parole de Dieu – et donc une personne dans le collimateur de Jézabel. D’ailleurs, Jézabel est fille du roi de Phénicie, un nom dans lequel le Dieu Baal est explicitement cité ; quant au nom de Jézabel, il peut vouloir dire « épouse de Baal ». Le ton est donné. Pour fuir Jézabel et sa haine à l’encontre de tout prophète de Dieu, Élie se rend donc en Phénicie, où Jézabel n’est plus, et c’est sur ordre de Dieu qu’il se fait héberger par une veuve, dans la ville de Sarepta. Élie profite de cet hébergement pendant assez longtemps. Or, la veuve a un fils ; on ne sait ni son âge ni celui de son fils, mais la suite de l’histoire laisse entendre que le fils est jeune, voire très jeune. Et voilà qu’un jour, la femme trouve son fils fiévreux et tellement malade qu’il finit par mourir en très peu de temps. Une mort terrible et foudroyante. La femme qui a déjà perdu son mari il n’y a pas si longtemps perd maintenant son fils. Il est facile de comprendre sa désespérance et même sa colère envers Dieu. Elle apostrophe d’ailleurs Élie, le messager de Dieu : « Que me veux-tu, homme de Dieu ? Es-tu venu chez moi pour réveiller mon malheur et pour faire mourir mon fils ? » Élie est, lui aussi, bouleversé. Il n’est pas impossible qu’il ait établi un rapport amical avec cet enfant, dans la maison qui l’a accueilli. Il prend alors l’enfant dans ses bras et le monte dans sa chambre. Il le pose sur son lit et se met à prier Dieu « Éternel ! J’ai été reçu par cette femme vers qui tu m’as guidé. Elle a été généreuse pour moi et maintenant, tu l’infliges par la mort de son fils ? Éternel mon Dieu, je t’en prie, que l’âme de ce garçon revienne au-dedans de lui ! » C’est alors que l’enfant revient à la vie. Élie prend l’enfant et le donne à sa mère : « Vois ! Ton fils est vivant ! » Heureuse, la femme dit au prophète : « Je le savais, mais là je reconnais que tu es un homme de Dieu et que la parole de Dieu dans ta bouche est vérité ! » Cette histoire fait surgir, pour la première fois dans l’Ancien Testament, un élément totalement nouveau et extraordinaire : une résurrection. Dans l’ensemble de l’Ancien Testament, on ne trouve que trois résurrections ; c’est ici la toute première.
(1 Rois 17)





