L’invité du jour — Dr Frédéric Le Guillou : Canicule, les bons réflexes à adopter

Alors que la France fait face à des vagues de chaleur d’une intensité exceptionnelle cette année, le Dr Frédéric Le Guillou, allergologue et pneumologue, met en lumière les risques sanitaires liés à la canicule et prodigue des conseils essentiels pour s’en protéger. Les autorités sanitaires rappellent l’importance des gestes de prévention, en particulier pour les populations les plus vulnérables. La chaleur excessive met le corps à rude épreuve et peut avoir des conséquences graves, même chez les personnes en bonne santé. Le Dr Le Guillou explique que notre organisme dispose de deux mécanismes principaux pour réguler sa température interne, fixée à 37°C. Le premier est la transpiration, qui permet le refroidissement de la peau par évaporation. Le second est la vasodilatation, où les vaisseaux sanguins superficiels se dilatent pour évacuer la chaleur vers l’extérieur. « Lorsque ces mécanismes sont débordés, on va commencer à avoir des troubles qui vont apparaître », avertit-il. Certaines populations sont particulièrement à risque face aux fortes chaleurs. « D’abord ce sont les personnes âgées, parce qu’en vieillissant on a une diminution de la sensation de soif, mais aussi de la capacité à transpirer et donc on est plus sujet à des déshydratations », explique le Dr Le Guillou. Les nourrissons et jeunes enfants sont également concernés, tout comme les personnes en situation de handicap, dépendantes, ou souffrant de maladies chroniques (respiratoires, cardiovasculaires, rénales, diabète, obésité). Les femmes enceintes et les travailleurs en extérieur ou en milieu chaud sont aussi parmi les catégories à surveiller. Les signes d’alerte à ne pas ignorer sont nombreux : « la fatigue, les maux de tête, mais on peut aussi avoir des crampes, des vertiges, des nausées, des propos qui deviennent confus, voire une somnolence, une fièvre aussi, supérieure à 38-39°C, et puis la peau sèche parce qu’on ne transpire pas. » En cas de malaise, le Dr Le Guillou insiste : « Il faut appeler le 15 pour pouvoir agir rapidement. » En tant que pneumologue, le Dr Le Guillou observe des effets marqués de la canicule sur les personnes atteintes de maladies respiratoires chroniques comme l’asthme, la BPCO ou la fibrose. « L’impact de la chaleur va être important. Ils sont moins bien, ils peuvent faire une poussée de leur maladie », souligne-t-il. D’une part, l’air plus sec favorise les contractions bronchiques et les essoufflements. D’autre part, la canicule s’accompagne souvent d’une augmentation de la pollution, notamment à l’ozone, ce qui aggrave les pathologies respiratoires sous-jacentes. Face à ces risques, adopter les bons réflexes est primordial. Le Dr Le Guillou rappelle des conseils de bon sens : S’hydrater régulièrement : « il faut boire de l’eau, au moins un litre cinq à deux litres par jour minimum. Et il ne faut pas attendre d’avoir soif. » Il est préférable de privilégier l’eau et d’éviter les boissons sucrées, caféinées ou alcoolisées, l’alcool étant particulièrement déshydratant. Rester au frais : Chercher des lieux climatisés (bibliothèques, cinémas, magasins) ou maintenir son logement frais en fermant les volets et en aérant la nuit. Se rafraîchir le corps : Mouiller son visage et ses avant-bras plusieurs fois par jour. Limiter l’effort physique : Éviter toute activité intense aux heures les plus chaudes. Adapter son alimentation : Consommer des repas froids, des fruits, des légumes et des salades. Le Dr Le Guillou rappelle qu’il ne faut en aucun cas laisser « les enfants, les personnes vulnérables ou les animaux dans une voiture au soleil ». Enfin, il déconseille l’utilisation directe d’un ventilateur vers soi, car cela peut aggraver la déshydratation par évaporation forcée. Au-delà des gestes individuels, le Dr Le Guillou insiste sur l’importance de la solidarité. « Il faut aussi avoir un rôle de prévention et de solidarité vis-à-vis des autres. » Il est possible d’inscrire des proches vulnérables sur un registre communal de prévention canicule et de prendre régulièrement de leurs nouvelles, en leur proposant de l’aide pour leurs courses ou pour s’assurer de leur bien-être. Pour les malades chroniques, une adaptation du traitement peut être nécessaire. Les patients respiratoires, par exemple, peuvent être amenés à augmenter leur traitement de fond. « En tant que médecin, je propose des plans d’action à mes patients », déclare le Dr Le Guillou, qui recommande également de consulter le site de l’association Santé Respiratoire France pour plus d’informations.Qui sont les plus vulnérables et quels sont les signes d’alerte ?
Impact sur les maladies respiratoires
Gestes essentiels et erreurs à éviter
Solidarité et prévention collective








