3000 baptêmes

À la Pentecôte — c’est-à-dire cinquante jours après la résurrection de Jésus et dix jours après son Ascension — les disciples reçoivent ce que le Maître avait promis : le Saint-Esprit. Cet Esprit de Dieu se manifeste et remplit les apôtres de joie, de courage, de détermination et d’audace. C’est l’occasion pour Pierre de sortir de sa réserve et de se mettre à annoncer l’Évangile.
C’est son tout premier discours. Un peu long, un peu technique, un peu « codé » pour qui n’aurait pas déjà une connaissance de la Torah ou des prophètes de la Bible hébraïque. Pierre fait référence à plusieurs écrits, comme ceux d’Ésaïe ou de Joël, pour démontrer que toutes les prédictions conduisent à une seule personne : Jésus de Nazareth.
Pour ses auditeurs, qui sont tous juifs et, pour beaucoup, en pèlerinage à Jérusalem pour la fête des moissons (Chavouot), les propos de Pierre font mouche. Ils comprennent les références et acceptent les conclusions de ce pêcheur de Galilée devenu le premier évangéliste. Lorsqu’il argumente que toutes les prophéties convergent vers un seul homme, il en arrive à cette chute brutale : « Et cet homme, vous l’avez crucifié ! »
L’accusation est plutôt directe, et rude. Mais il ajoute, de façon solennelle : « Que toute la nation d’Israël sache donc avec certitude que Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié. » Une telle prédication secoue les auditeurs. Touché par la ferveur et le message de Pierre — et bien sûr par le Saint-Esprit — le public questionne : « Et maintenant, que faut-il faire ? »
L’apôtre, décidément en verve, répond aussitôt : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. »
Avec ce discours, on retrouve un Pierre sûr de lui, capable d’imposer un ton plein de certitudes. Il devient réellement le « pêcheur d’hommes » annoncé par Jésus. De fait, il prêche comme on lance des filets, et la pêche est plutôt bonne… pour ne pas dire miraculeuse ! Le narrateur signale que ce jour-là, 3 000 personnes acceptent le message, y adhèrent et se font baptiser.
La Pentecôte prend alors un sens nouveau. Certes, il y aura toujours la fête juive, le souvenir du don de la Loi. Mais désormais, il y a la Pentecôte chrétienne, qui marque le don du Saint-Esprit pour une Église en devenir.
Personnellement, je reste admiratif : une prédication, 3 000 baptêmes… Aujourd’hui, il faut parfois 3 000 prédications pour un seul baptême !




