L’invité du jour — Thierry Labelle : Prendre soin de la Terre aujourd’hui, pour demain

À l’occasion de la Journée mondiale de la Terre, célébrée le 22 avril, une prise de conscience collective s’impose face à l’état alarmant de notre planète. Les experts sonnent l’alerte sur l’accélération des déséquilibres environnementaux, soulignant des défis majeurs pour les années à venir. Thierry Labelle, membre de l’association A Rocha France, œuvre pour la protection de la nature et la sensibilisation du public. Il dresse un constat préoccupant, mais porteur d’espoir, plaidant pour une « sobriété choisie » et une transformation des comportements individuels et collectifs. Selon Thierry Labelle, la situation écologique de la planète est « compliquée ». L’association A Rocha s’est donné pour mission de « sensibiliser les gens sur l’état de cette planète qui se dégrade très, très fort » et dont les impacts touchent « les plus démunis ». Les rapports scientifiques ne cessent de le rappeler : les déséquilibres environnementaux s’accélèrent. Les signaux d’alarme sont multiples. Le climat est « extrêmement déréglé », marqué par des événements « de plus en plus importants et de plus en plus fréquents ». Parallèlement, la biodiversité est menacée. « Un certain nombre d’espèces sont fortement impactées (…) avec des disparitions très rapides, des effondrements de certains écosystèmes », explique Thierry Labelle, soulignant que « tout est lié » entre climat et biodiversité. Il insiste sur l’importance de ne pas oublier la biodiversité, souvent éclipsée par le seul débat climatique. Sur le territoire français, le constat n’est guère plus optimiste. Malgré quelques actions positives, « les biodiversités sont dans un effondrement », alerte Thierry Labelle, évoquant « la sixième extinction ». Il pointe du doigt le manque de « prise de conscience de la situation réelle » et la difficulté à passer à une « échelle de mise en action qui soit vraiment celle qui est pertinente ». Les prochaines années s’annoncent déterminantes. Pour Thierry Labelle, le grand défi à l’horizon 2026 est celui de la « sobriété », thème cette année de la Journée mondiale de la Terre. « La sobriété est un mot qui peut être vu de différentes façons », mais elle est « indispensable » sur une « planète finie ». Deux chemins s’offrent à l’humanité : « soit une sobriété choisie, qui peut être douce et désirable, ou une sobriété qui va être subie, et là, elle va être douloureuse et extrêmement compliquée à traverser ». Malgré l’urgence, la mise en œuvre de solutions reste difficile. La principale barrière identifiée par Thierry Labelle est la « méconnaissance de la réalité de la crise » par une partie de la population. Il souligne également la difficulté pour ceux qui ne subissent que des « situations minimes » de changer leurs comportements, alors même que ce sont « ceux qui ont le moins émis de gaz à effet de serre » qui souffrent le plus des dérèglements climatiques. De plus, Thierry Labelle souligne qu’en tant que chrétiens, nous devons « absolument prendre soin de notre prochain, et notre prochain, il n’est pas juste à côté de chez nous quand on parle de dérèglement climatique ». Cependant, des initiatives concrètes émergent. Thierry Labelle invite chacun à s’interroger sur ses besoins réels et l’impact de ses choix : « Quel type de transport on peut utiliser ? Quel type d’alimentation on veut avoir ? » Il met en avant les « co-bénéfices » d’une consommation plus responsable : « Plus on fait de petits déplacements à pied (…) plus notre santé va s’en tenir mieux ». De même, une alimentation moins carnée et plus équilibrée avec des produits locaux et biologiques favorise la santé. Malgré l’ampleur des défis, Thierry Labelle maintient un message d’espoir : « Oui, heureusement qu’il y a de l’espoir. Rien n’est perdu. » Il exhorte à une mobilisation générale : « Les actions qu’on prend aujourd’hui vont déterminer l’avenir ». L’espoir réside dans la « mobilisation de chacun » associée aux « comportements d’entreprise » et aux « comportements étatiques » pour « un changement de société » et une planète « vivable pour tout le monde ».









