Contexte du livre d’Esther

Lorsque nous lisons l’Ancien Testament, et la Bible en général, il est facile de constater que la plupart des personnages importants dont on raconte l’histoire et dont nous pouvons faire des héros, ce sont des hommes. De plus, nous sommes à des époques et dans des cultures assez patriarcales pour que la place de la femme soit souvent minimisée. Cependant, une lecture attentive des textes montre que la femme n’est pas aussi secondaire que certaines interprétations suggèrent. Et la Bible a aussi ses héroïnes qui ne restent pas dans l’ombre des hommes. Je voudrais vous parler d’une reine juive qui a changé une bonne partie de la face du monde, et pas à cause de son nez comme la tradition et le folklore le disent de Cléopâtre. Je veux parler d’Esther dont l’intervention au cœur d’un drame annoncé, sauve des milliers de juifs, peut-être même des millions, et sans qui les juifs disparaissaient de la terre, rien de moins. Esther évite un génocide antisémite, peut-être le premier d’une triste et longue liste jamais fermée. L’histoire se passe pendant le règne du roi de Perse (c’est-à-dire l’Iran actuel) connu sous le nom de Assuérus, parfois appelé Xerxès. Assuérus a régné de 486 à 465 avant Jésus-Christ. Si Esther, la reine Esther, entre dans l’histoire de ce vaste empire, c’est vraiment par une porte étroite. J’ai dit que l’empire d’Assuérus était vaste, Et c’est vraiment le cas. Lorsqu’on dit qu’il était roi de Perse, en a tendance à localiser le royaume et à le limiter à l’Iran d’aujourd’hui. Or, l’empire Perse de l’époque s’étend de l’Inde au Soudan. On a du mal à imaginer un tel empire, et la façon dont il pouvait être administré. Lorsqu’on lit le livre d’Esther qui relate une partie de la vie d’Assuérus et d’Esther, On est surpris par le faste, la puissance et la profusion. On raconte plusieurs faits et festins, Or les banquets mentionnés duraient des semaines entières, rassemblant un nombre impressionnant de convives, dans des décors fastueux. L’opulence coule à flots et tout est débauche. Oui, tout est excessif dans ce livre et on a l’impression que tout est exagéré. La haine aussi ! Parce que si tout semble fêtes, joies, abondance et légèreté, il y a aussi de la violence et de la haine dans les couloirs du palais de Suze. Un homme, haut fonctionnaire, déteste les Juifs dans l’empire et n’a qu’une envie, les faire disparaître sous prétexte qu’ils sont différents et non assimilés. Des termes qu’on n’utilise plus aujourd’hui ! Ce jugement va entraîner un drame terrible puisque le projet d’exterminer les Juifs est à l’ordre du jour. Nous sommes en 480 avant Jésus-Christ, mais hélas, c’est une histoire qui se répétera !




