L’invitée du jour — Raphaëlle de Foucauld nous invite à prendre le temps d’être heureux

En ce début d’année, nous échangeons des vœux et nous souhaitons “tout le bonheur du monde”. Le bonheur est une notion universelle et pourtant chacun en a sa propre définition. Mais qu’est-ce que le bonheur ? Existe-t-il une recette pour être heureux ? Cultivons le bonheur avec Raphaëlle de Foucault, thérapeute spécialisée en psychologie positive.
Je dirais que le bonheur a plein de formes différentes en fonction de qui on est, de nos aspirations et de nos valeurs. Ce qu’il est intéressant de souligner, c’est que le bonheur n’est pas un objectif à atteindre, c’est savoir profiter de petits instants du quotidien. C’est prendre le temps d’être heureux. Ce n’est pas ajouter une chose de plus à faire dans des journées déjà extrêmement denses, mais c’est plutôt faire un petit pas de côté pour regarder autrement ce qui est déjà là. Le matin, par exemple, je bois mon café, mais en même temps, je regarde mes mails, j’écoute les infos. Le café est bien là, mais en fait, je n’y suis pas vraiment. Faire un pas de côté, c’est poser le téléphone, sentir la chaleur de la tasse, l’odeur, respirer et se demander : “Comment je me sens là, maintenant ?” C’est ça l’idée de glaner ces moments de bonheur.
La vie n’est pas toujours simple et on passe tous par des événements difficiles. Il est pourtant possible d’être heureux même quand les circonstances sont compliquées. La science nous en apprend d’ailleurs plus sur les mécanismes du bonheur.
Bien sûr, on n’est pas dans un monde de bisounours. Cela dit, une journée n’est pas toute noire ou toute blanche. Elle est entre les deux. Et on peut vivre des moments difficiles tout en saisissant des moments de joie dans son quotidien. Ca peut être observer un enfant qui sourit à sa maman, voir un couple qui marche main dans la main et qui semble amoureux, s’émerveiller d’un coucher de soleil, regarder la neige tomber. Toutes ces petites choses sont des instants de bonheur qu’il est important de capter. L’important est aussi de ne pas laisser son quotidien complètement envahi par ses difficultés, mais regarder et ralentir. On revient à quelque chose où on est vivant.
Les dernières recherches scientifiques ont démontré que plus on a d’affect positif, qu’on regarde les choses positivement, plus on va faire baisser le négatif. Alors que l’inverse n’est pas vrai, contrairement à ce qu’on pourrait croire. Ce n’est pas en réduisant nos problématiques, en voulant les résoudre et en y réfléchissant, qu’on va faire augmenter le positif. C’est un changement de vision intéressant à avoir.
Le bonheur n’est donc pas qu’une émotion fugace, mais un état qui peut se comprendre et se travailler. L’expression populaire nous invite à “cultiver le bonheur”, sous-entendu qu’il faut d’abord semer des graines de bonheur et que ce bonheur s’entretient.
J’aime beaucoup cette métaphore de cultiver le bonheur, parce qu’effectivement, toutes ces petites graines peuvent se planter par plein de manières différentes. C’est dire un merci, donner un compliment, s’émerveiller, être en joie, rire. Ça va entretenir la relation et le solidifier ce lien. On sait combien le lien est important dans notre vie et combien il nous rend heureux. Comme on est chacun unique, les relations ne sont pas toujours faciles. Il y a des tensions, des incompréhensions parce qu’on a chacun son système de valeurs et de références. Mais ce qui est important dans la relation, c’est justement d’y mettre des petits moments positifs, de la légèreté, de ne pas se laisser trop contaminer par les moments de tension. C’est important de savoir remercier son conjoint, de complémenter son collègue quand les choses sont bien faites, de dire merci à ses parents pour ce qu’ils font pour nous, de remercier ses enfants d’avoir vidé le lave-vaisselle. Tous ces petits gestes positifs, tous ces petits compliments, vont créer du lien et faire un petit tapis soft et doux pour pouvoir encaisser les moments de tension.
Dans mon livre 52 idées pour prendre le temps d’être heureux, je propose plein de micro-expériences en deux minutes, pas plus, pour revenir à soi et cultiver du lien. Ca change la couleur des journées, fait baisser le stress et augmente son niveau de bonheur. Le bonheur cesse d’être un objectif lointain et ça redevient quelque chose de vécu, de quotidien et d’incarné.









