Passation de pouvoir

Le roi Salomon est le troisième roi depuis qu’Israël a voulu ressembler aux autres nations en décidant de changer de gouvernance. Avant cela, on pourrait dire que le pays vivait une théocratie, grâce aux conseils, et même à l’autorité, des prophètes. Mais le peuple a souhaité mettre un peu de côté les porte-paroles de Dieu et a préféré vivre la monarchie : une gouvernance avec un roi à la tête du pays. Premier roi : Saül. L’expérience n’est pas concluante. Deuxième roi : David ; ce n’est pas un descendant de Saül (pour le moment, on n’est pas encore roi de père en fils). L’expérience avec David est forte. C’est un grand roi, mais la fin de son règne est plutôt chaotique, et il y a une guerre de succession, entre les fils de plusieurs femmes du roi, qui aboutit à des règlements de comptes et à un coup de force. David, sur son lit de mort, désigne Salomon, le fils qu’il a eu avec Bathsheba, dixième dans l’ordre de succession. Il faut dire que Bathsheba et le prophète Nathan, prophète du moment, ont tout fait pour imposer Salomon. Petit rappel nécessaire : à sa naissance, Salomon reçoit ce nom de son père, et ce nom est construit à partir du mot Shalom. Le sens de Salomon est donc « homme de paix » ; mais Salomon reçoit un deuxième nom donné par le prophète Nathan : Jedidja, ce qui veut dire « bien aimé de Dieu ! » D’ailleurs, le texte biblique, lorsqu’il relate la naissance de ce garçon, dit explicitement : « Bathsheba enfanta un fils que David appela Salomon, et qui fut aimé de l’Éternel ! » Avant de mourir, David désigne donc Salomon comme successeur officiel. Devant le prophète Nathan et le prêtre en chef de Jérusalem, lequel se nomme Sadoc, David dit à son fils : « Soit fort ! Soit un homme ! » Consignes qui ne peuvent qu’effaroucher celui qui ne pensait pas mériter prendre la relève. Et consignes encore plus précises avec les recommandations suivantes : « Respecte les ordres de l’Éternel Dieu ! Marche dans ses voies et garde ses préceptes. » Sacré programme, et conseils d’autant plus importants que celui qui les donne ne les a pas toujours respectés. Cela me rappelle ce que disait mon père : « Fais ce que je te dis, et non pas ce que je fais ! » peut-être, et même sûrement, que David avait compris depuis longtemps ce que mon père avait expérimenté à son tour. Un jour, Salomon dira : « Rien de nouveau sous le soleil ! »
(1 Rois 1)





