L’invitée du jour — Clémence de Pompignan : Couple, oser se faire aider au bon moment

La vie de couple, loin d’être un long fleuve tranquille, confronte souvent les partenaires à des défis qui mettent à mal leur union. Face aux tensions et aux conflits récurrents, une question fondamentale émerge : à quel moment et pourquoi solliciter une aide extérieure ? Clémence de Pompignan, thérapeute de couple et conseillère conjugale et familiale, nous éclaire sur l’importance de cette démarche parfois redoutée.
Les signes qui ne trompent pas : quand consulter ?
Contrairement à la croyance populaire qui voudrait que le couple soit un bastion impénétrable de bonheur, les tensions sont intrinsèquement liées à la nature humaine et à la dynamique relationnelle. « Il y a vraiment une idée fausse qui circule comme quoi la conception du couple, de l’amour conjugal, donne une exigence presque impossible à atteindre », explique Clémence de Pompignan. Cette exigence se manifeste à plusieurs niveaux : émotionnel, « les émotions doivent être toujours au top, sinon c’est que je n’aime plus », sexuel et relationnel.
Certains événements de vie peuvent particulièrement déstabiliser un couple et nécessiter une aide professionnelle, tels qu’ « une naissance, un deuil, une maladie, un déménagement, une expatriation, un chômage, un adultère ». Par ailleurs, un autre signe d’alerte réside dans l’accumulation de non-dits et de petites frustrations, tel un « petit caillou dans la chaussure ». Ces problèmes, ignorés ou tus, finissent par peser lourdement sur la relation. « Le couple a beau essayer de faire beaucoup d’efforts pour que ça se passe bien […], ils ne prennent pas le temps de s’arrêter et d’enlever les petits cailloux », souligne la thérapeute.
Le premier pas vers une relation saine
Face à la souffrance, la tristesse ou la colère qui peuvent miner le couple, il est crucial de ne pas rester seul. Clémence de Pompignan encourage vivement à se tourner vers des conseillers conjugaux et familiaux ou des thérapeutes de couple dès l’apparition de tensions ou de conflits récurrents. « Oser demander de l’aide, c’est souvent le premier pas vers une relation plus saine et épanouie », affirme-t-elle.
La thérapie de couple : un cadre serein pour le dialogue
Le premier entretien dure généralement entre 1h et 1h30 et vise à faire connaissance, permettant à chaque partenaire d’exprimer ses attentes et les problématiques rencontrées. La durée d’une thérapie est variable, pouvant aller de quelques séances à un accompagnement plus long, chaque situation étant unique.
L’investissement des deux partenaires est essentiel au succès de la démarche. Bien que l’un des deux soit souvent à l’initiative de la demande, l’implication volontaire de chacun est primordiale pour opérer un changement. « Si le couple souhaite une amélioration et un changement, ça leur demande une implication volontaire de se mettre en mouvement », explique Clémence de Pompignan.
Dissiper les craintes : la séparation n’est pas une fatalité
Une crainte fréquente des couples est que la thérapie ne mène inéluctablement à la séparation. L’experte tempère cette appréhension : « La thérapeute n’est pas là pour sauver le couple, elle est là pour lui permettre, dans un cadre professionnel extérieur, de se donner tous les moyens de regarder la situation dans laquelle il se trouve et de choisir ensemble quelle est la meilleure solution pour lui ». Si la séparation peut être une solution envisagée dans certains cas, l’objectif principal est de comprendre le système relationnel en place et d’aider les partenaires à exprimer leur vécu.
En guise de conclusion, Clémence de Pompignan offre un dernier conseil aux couples hésitants : « C’est vraiment une aide qui est proposée pour faire du bien. Le but de ces entretiens, c’est vraiment de pouvoir s’accorder du temps en couple quand c’est plus possible, de manière calme et sereine, à l’extérieur. Donc c’est vraiment un cadeau que le couple peut se faire et vraiment, je les invite à saisir cette occasion. Il n’y a pas de risque à se faire aider. »
Première diffusion le 6 mai 2025.








