Les invités du jour — Nadine Cretin et Thiebault Geyer : Halloween, entre origine, traditions et foi chrétienne

Citrouilles sculptées, cortèges d’enfants déguisés et quête de friandises rythment chaque année la soirée du 31 octobre. Derrière cette ferveur commerciale et festive se dissimulent pourtant des origines lointaines ainsi que des questionnements pour les croyants. L’historienne et anthropologue Nadine Cretin ainsi que le pasteur Thiebault Geyer partagent leurs réflexions pour aborder cet événement avec clarté et discernement. Bien avant de devenir un rendez-vous marqué par les sorcières et les monstres, Halloween s’inscrit dans les rythmes saisonniers de l’Antiquité. Invitée à retracer cette généalogie, l’historienne Nadine Cretin rappelle le contexte symbolique de cette période : « Halloween est une période où l’obscurité est vraiment très visible dans l’hémisphère nord. Ça va donc être une fête liée à l’obscurité, à la nuit. Et quand on parle de nuit, ça veut dire que les revenants ne sont jamais très loin. C’est une fête de début d’année, contrairement à ce que l’on croit. Pour les Celtes, c’était une grande fête qui s’appelait Samain. C’était une nuit où les morts, les ancêtres, pouvaient revenir dans les maisons, où le monde des morts se confondait avec le monde des vivants. » La célébration a ensuite traversé l’Atlantique au XIXe siècle, portée par l’émigration massive des Irlandais fuyant la terrible famine des années 1840. Implantée aux États-Unis, la coutume s’est transformée au fil des décennies, adoptant une tonalité plus spectaculaire. Nadine Cretin précise notamment que la célèbre formule trick or treat, traduit en français par « des bonbons ou un sort » n’est apparue que vers 1930, avant que les campagnes publicitaires n’importent la fête en France durant les décennies 1980 et 1990. Cette date demeure également indissociable du calendrier chrétien. Le nom même d’Halloween dérive de l’expression anglaise médiévale All Hallows’ Evening, désignant la veille de la Toussaint instituée entre les Xe et XIe siècles. Face à la mise en scène grandissante de la mort et de l’occulte, de nombreux parents chrétiens s’interrogent sur l’attitude à adopter. Pour le pasteur Thiebault Geyer, il est important de ne pas céder à la peur : « Je crois que nous pouvons nous appuyer sur notre foi pour ne pas rentrer dans une peur démesurée d’Halloween. Une citrouille, c’est une citrouille, tout va bien. » Toutefois, pour le pasteur, la vigilance reste de mise pour conserver une juste lucidité face aux dérives d’une banalisation du mal. Selon lui, l’enjeu spirituel se situe dans le glissement qui tend à dédramatiser des réalités occultes : « Les dangers, c’est que derrière le côté extrêmement festif, il se cache une volonté d’asseoir de la peur, de semer du trouble, mais également de rendre les démons, le diable, la mort comme quelque chose d’inoffensif. Or, les démons sont réels et extrêmement agressifs. Nous ne devons pas leur donner accès et encore moins à la peur.» Plutôt que d’opposer un interdit brutal ou une condamnation sans appel, Thiebault Geyer encourage les parents à user de bienveillance et de pédagogie auprès des plus jeunes, souvent séduits par l’aspect récréatif de ces festivités. Partageant son expérience personnelle auprès de sa propre fille, il invite à saisir cette opportunité pour expliquer l’histoire de la fête et transmettre les repères essentiels de la foi chrétienne. « Je pense qu’il nous faut être capables d’aborder tout, en fonction de l’âge bien sûr, mais aussi de leur transmettre ce que la Bible pour les aider à discerner où se cache le mal. », souligne Thiebault Geyer. En ouvrant un espace d’échange à la maison, les parents peuvent ainsi réaffirmer la valeur de la vie, dissiper les craintes inutiles et équiper leurs enfants pour poser un regard éclairé sur le monde qui les entoure.De la fête celte de Samain aux vitrines modernes
Face au macabre, refuser la peur et rester vigilant
Privilégier le dialogue et l’écoute en famille








