C’est à lire — “Dieu ou l’argent, vraiment ?”, avec Stanislas Billot de Lochner.

Face aux exigences du quotidien et aux interrogations spirituelles, la question financière demeure souvent délicate pour les croyants. Dans leur ouvrage Dieu ou l’argent, vraiment ?, paru aux Éditions Emmanuel, Stanislas Billot de Lochner et son épouse proposent un chemin de discernement pour éclairer cette relation matérielle sans tabou en partageant leur regard sur la générosité et la liberté intérieure.
Sortir de la fausse équivalence entre pauvreté et sainteté
Spécialiste de la collecte de dons et accompagnateur de plus de 500 associations, Stanislas Billot de Lochner mesure au quotidien la tension qui existe entre la possession et l’idéal évangélique. Cette interrogation ne relève pas de la théorie, mais d’une réalité quotidienne : « C’est pas toujours facile, c’est une ligne de crête à laquelle on est tous confrontés. On est tous tributaires des biens matériels », confie-t-il.
L’un des premiers freins identifiés réside dans l’idée reçue selon laquelle le chrétien devrait obligatoirement vivre dans l’indigence matérielle pour plaire à Dieu. Pour l’auteur, cette vision fausse les repères et entretient une forme d’illusion. « Elle nous fait croire que seule la pauvreté est la voie de la sainteté. Alors il est évident que le Christ nous le dit 50 fois, la pauvreté peut être un chemin qui facilite l’accès au paradis, ou en tout cas les richesses matérielles sont un frein, mais il n’empêche qu’on peut être libre dans notre rapport à l’argent même quand on en a », explique-t-il. Selon Stanislas Billot de Lochner, ce raccourci nourrit une forme de déresponsabilisation, notamment lorsque l’on a la charge d’un foyer : « Il faut faire attention à cette croyance parce qu’elle nous met un peu dans l’immobilisme en se disant je ne peux pas être pauvre, j’ai des enfants ou une famille à nourrir, donc je ne suis pas concerné par le sujet, ce qui n’est pas vrai ». La vraie valeur réside plutôt dans l’attitude du cœur et la bienveillance envers autrui.
La fécondité du don et l’exigence du sacrifice
Au fil des 188 pages du livre, les auteurs rappellent combien l’altruisme transforme la personne humaine. À la 145e page, l’ouvrage évoque cette expérience profonde : « La joie de donner est multiple, joie de se sentir utile, joie de voir les fruits de son travail servir le bien des autres, joie de voir le sourire de celui qui reçoit le don, joie de voir l’impact que cela peut avoir sur la société ».
Toutefois, pour porter pleinement du fruit et traduire une véritable compassion, ce geste d’ouverture ne peut se réduire à un geste anodin ou sans conséquence. Il invite à un dépassement personnel : « Le plus important quand même dans le don, c’est ce qu’a appelé un de nos amis “le don qui fait mal”. Parce que si on se contente de donner une simple obole, une simple petite pièce, évidemment c’est pas un sacrifice pour nous et donc ne pas produire d’efforts dans la générosité, ça signifie qu’on donne un peu l’écume », souligne Stanislas Billot de Lochner. L’enjeu consiste dès lors à interroger ses propres motivations : « Or le Seigneur nous appelle à donner l’essentiel donc il faut quand même se poser la question quand je donne et de savoir si c’est un don suffisant. Est-ce que ça me libère de mon rapport à l’argent et est-ce que ça rend mon argent vraiment utile ou est-ce que je me donne une bonne conscience ? Donc il y a juste un petit ajustement à avoir. Une fois de plus, c’est propre à chacun ».
Garder l’argent au rang de serviteur
Dès lors, faut-il trancher entre Dieu et les biens terrestres ? Pour l’invité, la hiérarchie morale ne fait aucun doute, même si les réalités matérielles demeurent incontournables au quotidien.
« Je pense que oui, dans la mesure où il faut prioriser l’un par rapport à l’autre. Donc, faut-il choisir l’un ou l’autre ? Il est certain que oui. En revanche, on ne peut pas se passer du second, mais en le laissant à sa place de serviteur », conclut Stanislas Billot de Lochner. Une invitation limpide à vivre son engagement dans la confiance, sans laisser les biens matériels devenir les maîtres de notre existence.
Première diffusion le 4 décembre 2025.






