L’invité du jour — Christophe Ramond : Le défi de la sécurité routière des jeunes

Depuis le 1er janvier 2024, le permis de conduire B est accessible dès dix-sept ans en France, une mesure visant à renforcer l’autonomie des jeunes et leur insertion professionnelle. Cette évolution soulève néanmoins des interrogations sur la maturité et l’expérience nécessaires pour prendre le volant seul, alors que la tranche d’âge des dix-huit à vingt-quatre ans demeure la plus touchée par la mortalité routière. Christophe Ramond, porte-parole de l’association Prévention Routière, éclaire les enjeux de cette nouvelle législation et les voies pour garantir la sécurité des jeunes usagers. L’accès anticipé au permis relance la discussion sur la capacité des jeunes à gérer les complexités de la route. « Les études montrent que la maturité du cerveau est atteinte vers vingt-cinq ans », explique Christophe Ramond. « Plus on est jeune, plus on a une certaine immaturité qui s’allie à l’inexpérience. Donc il y a des risques spécifiques à ces âges-là, on le voit notamment dans les accidents qui impliquent des jeunes, on a beaucoup de problèmes de respect des règles, d’inattention et de conduite à risque. » Ces premières années de conduite sont donc particulièrement délicates, la prudence et le discernement étant des qualités qui s’acquièrent avec le temps et les situations vécues. Face à ces défis, la conduite accompagnée, accessible dès quinze ans, apparaît comme une solution de valeur. Christophe Ramond en souligne les avantages indéniables. « On voit que les personnes qui ont suivi la conduite accompagnée commettent moins d’infractions, perdent moins de points ensuite dans leur carrière de conducteur, et ont moins d’accidents, surtout moins d’accidents graves. » Ces conducteurs sont « nettement moins susceptibles d’être responsables d’un accident sur la route en étant conducteurs ». Cette formation prolongée, souvent sous la supervision des parents, permet d’acquérir une riche expérience dans des conditions variées : ville, campagne, autoroute, de nuit ou par temps de pluie. Pour ceux qui optent pour la formation traditionnelle, l’expert conseille une progression graduelle : « commencer par conduire dans des circonstances favorables, de jour, lorsqu’il n’y a pas de situation trop complexe […] puis au fur et à mesure on acquiert cette expérience, si tout se passe bien, on va augmenter son périmètre d’action tout en respectant les règles de bonne prudence. » Malgré les avancées, les jeunes conducteurs restent particulièrement vulnérables. Leur taux de mortalité est deux fois supérieur à la moyenne nationale, surtout dans leurs premières années au volant. Les principaux comportements à risque observés incluent le non-respect des règles de circulation, notamment la vitesse, et les sorties sous l’influence de l’alcool. « Les garçons surtout ont des conduites à risque plus fréquentes sur la route », précise Christophe Ramond. Pour les jeunes n’ayant pas encore le permis, de nombreuses options de mobilité se sont développées. Vélos, vélos électriques, trottinettes électriques, scooters ou encore voiturettes sans permis (bridées à 45 kilomètres/heure et nécessitant une formation minimale via le permis AM ou BFR) offrent des alternatives. Cependant, l’émergence de ces nouveaux modes de déplacement s’accompagne d’un constat préoccupant : « on a de plus en plus d’adolescents conducteurs victimes dans les accidents graves ». Dans ce contexte, le rôle des parents est crucial. Christophe Ramond insiste sur l’importance de s’informer sur les réglementations spécifiques à chaque mode de transport. Par exemple, l’utilisation de la trottinette électrique n’est autorisée qu’à partir de quatorze ans et ne peut être utilisée que par une seule personne. Le permis AM est requis dès quatorze ans pour les cyclomoteurs et les voiturettes sans permis. Les assurances en responsabilité civile sont obligatoires pour les trottinettes électriques. Enfin, la protection est primordiale : « Dès lors qu’on utilise les deux roues, il faut vraiment privilégier tous les équipements de protection, casques et gilets fluos en particulier. »Maturité au volant : un débat sur l’âge et l’expérience
Conduite accompagnée : un bénéfice avéré pour la sécurité
Les comportements à risque et les alternatives pour se déplacer
Le rôle essentiel des parents








