L’invitée du jour — Dr Alena Majdling : Comprendre les différences hommes-femmes

Les différences entre hommes et femmes, loin d’être un obstacle, sont une richesse voulue, influençant non seulement notre santé physique, mais aussi nos comportements et notre gestion des émotions. Une perspective éclairante sur ces singularités nous est apportée par le Dr Alena Majdling, spécialiste en gynécologie, mettant en lumière la complémentarité plutôt que l’opposition.
L’identité de chacun, façonnée par la biologie et l’environnement, s’exprime dans une danse complexe entre gènes et vécu, impactant jusqu’à la maturité de notre cerveau et notre capacité à gérer le stress.
Des fondements génétiques aux influences hormonales
Les distinctions entre hommes et femmes prennent racine dès la conception. Le Dr Alena Majdling souligne l’importance des fondations génétiques : « Une femme est définie par un chromosome XX et un homme XY. On a cette empreinte dans chacune de nos cellules, de notre ADN, qui est en fait une sorte de carte de notre identité. Et donc il y a vraiment une différence qui est pensée dès que l’on est un fœtus, un bébé. » Ces différences ne se limitent pas au génome ; elles sont également hormonales. Les hormones, qu’elles soient féminines ou masculines, modulent non seulement les caractères sexuels et la biologie, mais aussi nos comportements, conférant à chaque individu sa singularité.
Cette distinction fondamentale est perçue non pas comme une hiérarchie, mais comme une complémentarité. « Pour moi, ce sont deux notions qui sont vraiment différentes. L’égalité et ce qu’on appelle l’uniformité, puisque cette uniformité voudrait qu’on efface toutes nos différences », explique la spécialiste, rappelant que « Dieu nous a vraiment créés différents, mais égaux. Jésus était vraiment un révolutionnaire à ce niveau-là, puisque lui-même disait qu’il n’y a plus ni homme ni femme, et donc il nous considérait différents, mais égaux et avec la même dignité »
L’épigénétique : quand l’environnement sculpte nos gènes
L’identité ne se résume pas à l’héritage génétique. Une notion récente, l’épigénétique, révèle l’influence de l’environnement sur l’expression de nos gènes. « C’est en fait la génétique au-dessus des gènes. […] notre environnement, ce que l’on mange, également ce que l’on vit, des traumatismes, mais aussi des événements positifs de notre vie, vont aller modifier l’expression de nos gènes », précise le Dr Alena Majdling. Ainsi, certains gènes peuvent être activés ou inhibés selon nos expériences, démontrant notre capacité à influencer notre propre caractère et comportement. Cette découverte offre une perspective pleine de discernement sur le rôle actif de l’individu dans son développement, au-delà de sa prédisposition génétique.
La gestion des émotions : une danse cérébrale sexuée
Les neurosciences apportent un éclairage fascinant sur les variations de fonctionnement cérébral entre hommes et femmes, notamment face aux émotions. Une étude de l’UNICEF révèle que près de 40% des adolescents souffrent d’angoisse, dont 60% sont des filles. le Dr Alena Majdling décrypte ce phénomène : « L’amygdale cérébrale est une petite glande […] qui régule toutes les émotions, n’est pas utilisée de la même manière chez les garçons et chez les filles. » Face au stress, l’amygdale féminine échange beaucoup plus d’informations avec le reste du cerveau, comme si « il fallait que tout le cerveau soit informé de toutes les dimensions émotionnelles de la situation. » Chez les garçons, en revanche, l’information libérée est moindre, favorisant « plus de recul » face à la situation.
Les œstrogènes, hormones féminines, jouent également un rôle crucial, influençant l’amygdale et la perception du stress ou de l’angoisse, notamment durant des périodes clés de la vie comme la puberté, le post-partum ou la ménopause.
L’évolution du cerveau et la maturité émotionnelle
Le cerveau, tel un muscle, évolue. Si la maturité globale est généralement atteinte autour de vingt-cinq ans, des différences sont observées : « Le cerveau des petites filles va arriver plus tôt à maturité que le cerveau des petits garçons. » Cette évolution continue tout au long de la vie, modulant notre réaction au stress selon l’âge et les phases biologiques.
le Dr Alena Majdling conclut avec une note d’encouragement à embrasser nos singularités : « Je crois que c’est quelque chose qui a toujours été voulu depuis notre naissance jusqu’à notre mort par Dieu et je crois qu’on peut vraiment en faire un atout. Chercher aussi quelles sont nos différences pour pouvoir en faire une force majeure et puis un travail d’équipe. »
Première diffusion le 03 décembre 2025.








