L’invité du jour — Grégory Caret : flambée des prix alimentaires, comment consommer responsable sans se ruiner ?

Face à une inflation alimentaire persistante et un sentiment généralisé de perte de pouvoir d’achat, les Français sont confrontés à un véritable casse-tête pour remplir leur chariot de supermarché. Comment concilier qualité, équilibre nutritionnel et budget maîtrisé ? Grégory Caret , Directeur de l’Observatoire de la Consommation à l’UFC-Que Choisir, apporte un éclairage essentiel sur ces enjeux. Depuis plusieurs années, les consommateurs français ressentent une hausse continue et « extrêmement violente » des prix alimentaires, un phénomène non observé depuis les années 1980. Grégory Caret confirme que ce ressenti est « absolument véridique », malgré une possible dissonance avec les chiffres officiels. « Si les gens regardent leur propre gestion de portefeuille sur plusieurs années, ils se disent : l’alimentaire me coûte plus dans mes dépenses qu’il n’a jamais coûté. Et c’est vrai », explique-t-il. Cette perception contraste avec une lecture des données sur de courtes périodes (un mois, douze mois) qui pourrait laisser penser à une inflation nulle ou maîtrisée en 2025-2026. Pour comprendre le coût d’un produit alimentaire, Grégory Caret décompose les étapes clés de la chaîne de production : 1. Matières premières agricoles : acquises auprès des agriculteurs, leur coût est influencé par des facteurs tels que les dérivés du pétrole, essentiels à l’activité agricole. 2. Industrie de transformation : les industriels transforment ces matières premières. Ils ont besoin d’énergie pour le transport et la transformation, en plus du coût d’acquisition des matières premières. 3. Distribution : les grandes surfaces, qui représentent environ 80% des débouchés, sont la dernière étape avant le consommateur, qui paie le prix final en rayon. La notion d’alimentation responsable est de plus en plus présente dans le débat public. Pour l’UFC-Que Choisir, il s’agit d’une consommation visant à « limiter notre impact sur la nature et sur l’environnement », tout en considérant les chaînes de transport et de transformation. Cela inclut également la question de l’équilibre nutritionnel, avec l’objectif de ne pas manger « trop gras, trop sucré ». L’équation est « extrêmement compliquée » dans le contexte actuel. Face à ces défis, Grégory Caret propose plusieurs pistes pour concilier budget et qualité alimentaire : Pour s’y retrouver face à la diversité de l’offre, le consommateur dispose d’outils. L’UFC-Que Choisir est un fervent défenseur du Nutri-Score. « C’est un bon indice », affirme Grégory Caret , le comparant à l’étiquette énergie des bâtiments. Un aliment classé « E » indique qu’il doit être consommé avec modération, car il est potentiellement coûteux, peu nutritif et « dommageable pour la santé ». En guise de dernier conseil, Grégory Caret insiste sur la nécessité de reprendre le contrôle de son alimentation : « Pendant des années, on a passé ça sous le tapis, on n’y a pas fait attention, les prix étaient très maîtrisés, donc on se faisait plaisir. C’est vrai que la junk food, pour utiliser ce terme, c’est très abordable, c’est très tentant. » Il appelle à la vigilance et à la maîtrise de sa consommation, assurant qu’il est possible de se faire plaisir tout en étant responsable. Première diffusion le 24 avril 2026.L’inflation alimentaire : un ressenti bien réel face aux chiffres officiels
Décryptage du prix en rayon : une chaîne complexe
Consommer responsable sans se ruiner : l’équation complexe
Ajuster ses habitudes pour maîtriser le budget
L’importance du Nutri-Score et la vigilance du consommateur








