L’invitée du jour — La rentrée avec Nadia Magalhaes : bien choisir ses activités extrascolaires

À chaque rentrée scolaire, la même question revient dans de nombreuses familles : quelle activité extrascolaire choisir pour son enfant ? Entre désir d’épanouissement et crainte de la surcharge, la décision peut s’avérer complexe. Nadia Magalhaes, psychomotricienne spécialisée en guidance parentale, nous éclaire sur les bénéfices, les pièges et les clés d’un choix judicieux.
Les activités extrascolaires sont bien plus qu’un simple passe-temps. Elles représentent un véritable levier de développement pour les enfants, à condition d’être sélectionnées avec discernement.
Les multiples bénéfices pour l’enfant
Selon Nadia Magalhaes, les avantages sont nombreux et variés. « Il y a une vraie dimension d’ouverture, de découverte parce qu’il y a vraiment une panoplie d’activités possibles assez incroyables », explique-t-elle. Ces expériences permettent aux enfants de mieux se connaître : « de se découvrir eux-mêmes, leurs talents, leurs goûts, leurs forces, leurs faiblesses aussi ». Elles sont également un vecteur important de socialisation, offrant des opportunités de « développer des liens avec d’autres enfants qu’à l’école » dans un contexte différent.
Au-delà du ludique, ces activités inculquent des valeurs essentielles. « Il y a quand même une notion d’effort, apprendre à persévérer, à perdre aussi parfois », souligne la psychomotricienne, des compétences fondamentales pour leur âge.
L’âge idéal et la surcharge à éviter
Quant au moment opportun pour débuter, Nadia Magalhaes met en garde contre une initiation trop précoce. « En maternelle, les premières années, l’entrée à l’école, c’est déjà tellement un tout nouveau monde pour l’enfant. Il n’a pas besoin de stimulation en plus », affirme-t-elle, insistant sur l’importance du jeu libre et du temps en famille.
Elle recommande plutôt la période du primaire, voire la fin de la maternelle, comme « moment idéal pour démarrer, pour explorer ça », car les enfants y manifestent une grande curiosité.
Le rôle crucial des parents dans le choix
Face à la vaste offre d’activités (sport, musique, arts plastiques, théâtre, etc.), le choix peut être déroutant. La psychomotricienne insiste sur un critère souvent négligé mais essentiel : la capacité des parents à assurer le suivi. « La bonne activité, c’est celle où, vous, parents, vous arriverez à assurer les accompagnements toute l’année sans vous épuiser », confie-t-elle. Il est primordial de se projeter, même dans les périodes les plus chargées.
Le processus de décision doit impliquer l’enfant, mais la responsabilité finale revient aux parents. « Il est important que vous, les parents, choisissiez l’activité, mais en tenant compte des envies des enfants bien sûr », précise Nadia Magalhaes. Elle suggère aux parents de lister les options possibles, en considérant l’âge, les créneaux horaires gérables et le budget, puis de consulter l’enfant sur ses envies avant de faire des propositions concrètes. En cas de désir spécifique de l’enfant qui ne peut être satisfait, il est judicieux de l’interroger sur ce qui l’attire dans cette activité pour lui proposer une alternative similaire.
Points de vigilance et équilibre familial
Plusieurs écueils sont à éviter. La psychomotricienne conseille, si possible, des séances d’essai et une vigilance sur la qualité des relations avec l’animateur et les autres enfants. Il est également crucial de ne pas projeter ses propres désirs sur l’enfant. « Faire attention à ne pas projeter ce que nous on a envie pour l’enfant », avertit-elle, rappelant que les passions des parents ne sont pas nécessairement celles de leurs enfants.
Enfin, l’équilibre familial doit rester la priorité. « Ce n’est pas parce que le grand frère a deux activités que la petite sœur doit en avoir autant », illustre Nadia Magalhaes. Elle insiste sur le fait que le besoin premier de l’enfant est « d’avoir un foyer serein, joyeux, du temps avec vous. Il ne faut pas que ça devienne l’usine et un sujet de stress. »
Le maître mot est la confiance en soi pour les parents : « Faites-vous confiance, c’est vous qui connaissez votre enfant. » Trouver le bon équilibre passe par la prise en compte des besoins, contraintes et envies des parents, combinées aux désirs et expressions de l’enfant, en lui laissant le temps de mûrir ses idées.
Première diffusion le 3 septembre 2025.








