L’invité du jour — Henri Clément : Le miel sous toutes ses facettes

Présent dans l’alimentation depuis des millénaires, le miel demeure l’un des produits naturels les plus prisés. Au-delà de sa douceur et de son goût, comment est-il fabriqué et d’où vient sa richesse ? Henri Clément, apiculteur et porte-parole de l’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF), nous éclaire sur les multiples facettes de ce nectar. De la fleur au pot, le miel est le fruit d’un processus complexe et d’une synergie entre les abeilles et les plantes. « Les abeilles et les plantes à fleurs sont nées sur la planète en même temps, il y a près de cent millions d’années », explique Henri Clément. Les fleurs, en produisant du nectar – un « sirop très humide » – attirent les abeilles qui le récoltent et le transforment en miel. En retour, les abeilles pollinisent ces fleurs, assurant ainsi la reproduction des plantes et la production de fruits et de graines. Une « synergie extrêmement féconde » qui a façonné notre écosystème. La diversité des miels est immense et dépend de l’environnement botanique, du terroir et de la saison. La France, avec sa large variété de paysages et de climats, produit « plus d’une trentaine de miels différents », selon Henri Clément. On distingue les miels monofloraux, issus d’une seule fleur (acacia, châtaignier, bruyère), et les miels polyfloraux, résultat du mélange de nectars de diverses fleurs (miel de montagne, de garrigue). Cette palette s’étend des miels très doux, comme le miel de romarin, aux miels plus amers. Au-delà de son goût, le miel est un « produit incroyable » par sa composition. Principalement constitué de sucres naturels facilement assimilables, il renferme également des vitamines et de nombreux oligo-éléments bénéfiques pour la santé, tels que le sélénium, connu pour lutter contre le vieillissement cellulaire. Henri Clément souligne l’importance de varier sa consommation de miel : « Chacun apporte quelque chose à l’organisme ». Derrière cette richesse se cachent des enjeux cruciaux de réglementation et de transparence. Le terme « miel » est juridiquement encadré, mais l’étiquetage a évolué face à des pratiques commerciales parfois trompeuses. Après des années où l’origine était vague (« UE, non UE »), une mobilisation en 2017 a permis d’obtenir un étiquetage plus précis pour les miels d’assemblage, exigeant la mention des différents pays de provenance par ordre décroissant. Cependant, Henri Clément reste critique face à ces pratiques : « Je ne vois pas l’intérêt de mélanger des miels. Qui accepterait de boire un verre de vin qui est composé de vins d’Argentine, d’Algérie, de Suisse ou d’Italie ? Personne. » Les falsifications sont un défi majeur pour le marché du miel. La production est rendue de plus en plus difficile, notamment par le frelon asiatique, les pesticides, la monoculture et les bouleversements climatiques. Parallèlement, la consommation mondiale augmente, créant une demande que certains pays comme la Chine ou le Vietnam comblent parfois avec des productions « totalement artificielles ». Ces « sirops » qui circulent sur le marché français représentent une « concurrence déloyale » pour les apiculteurs locaux. Pour choisir un miel authentique et de qualité, Henri Clément recommande de lire « attentivement l’étiquette » et de « chercher systématiquement l’origine du miel ». Il conseille de privilégier « un miel d’un seul pays. Bien sûr, avant tout de France ». Le prix est également un indicateur : « Si vous trouvez des miels à 5, 6 euros les 500 grammes, il y a peu de chances que ce soit des miels d’une grande qualité. » Enfin, soutenir les apiculteurs locaux est essentiel : « Favoriser les miels de terroir, les miels de chez nous, c’est une garantie de qualité. » L’achat de miel local n’est pas seulement un geste pour la qualité du produit, c’est aussi un soutien à la pollinisation des cultures et à la biodiversité, éléments « extrêmement importants pour notre avenir ».Une richesse de saveurs et de bienfaits
Transparence et lutte contre la fraude
Conseils pour un achat éclairé








