L’invitée du jour — Maëlle Turriès : Qualité des eaux de baignade, un classement pour des vacances en toute sérénité

À l’approche des vacances d’été, des millions de Français s’apprêtent à choisir leur lieu de baignade, souvent sans connaissance précise de la qualité sanitaire de l’eau. Pour éclairer leur choix, l’association Eau et Rivières de Bretagne vient de publier la troisième édition de son classement « La Belle Plage », une analyse approfondie des eaux de baignade basée sur plusieurs années de données de surveillance sanitaire. Ce classement, qui couvre désormais toutes les eaux de baignade marines françaises, métropolitaines et ultramarines, vise à offrir aux baigneurs une information claire et accessible sur les risques sanitaires. Maëlle Turriès, chargée de mission mer et littoral pour Eau et Rivières de Bretagne, détaille les enjeux et la méthodologie de cette initiative. L’idée de ce classement est née il y a quatre ou cinq ans, suite à des observations de terrain de la part de l’association. « Notre association Eau et Rivières de Bretagne est implantée sur le territoire et suit la qualité des eaux continentales, les rivières, depuis plus de 50 ans », explique Maëlle Turriès. Face à l’état souvent dégradé de ces rivières, dont les eaux finissent inévitablement à la mer, l’association a décidé d’analyser les données de surveillance des eaux de baignade. « Le sel, l’eau de mer, vient abattre une partie de ces bactéries », précise-t-elle, mais cela ne suffit pas toujours à garantir une eau de qualité. L’objectif est de fournir aux baigneurs « une information plus facile d’accès et qui montre un petit peu mieux la réalité du risque sanitaire auquel ils peuvent s’exposer ». Le classement attribue une note aux plages, réparties en quatre catégories. Pour évaluer le risque sanitaire, l’association se base sur les prélèvements réalisés par les Agences Régionales de Santé (ARS). « On établit une moyenne du nombre de prélèvements qui sont bons sur le nombre total de prélèvements effectués sur ces quatre dernières années », explique Maëlle Turriès. Chaque prélèvement, effectué entre 4 et 15 fois par saison, permet de mesurer la concentration en bactéries. Les plages sont classées comme suit : Recommandées : 95 % de prélèvements « bons ». Peu risquées : 90 % de prélèvements « bons ». Déconseillées : Entre 80 et 90 % de prélèvements « bons », ce qui signifie « qu’il y a un coup sur 5 où le prélèvement n’était pas bon ». À éviter : Moins de 70 % de prélèvements « bons », indiquant « qu’un prélèvement sur 3, soit 30 %, a été moyen ou mauvais, donc présentait un risque sanitaire sur les quatre années précédentes. » Les eaux de baignade sont surveillées spécifiquement pour deux bactéries indicatrices d’une pollution d’origine fécale : l’Escherichia coli (E.c oli) et les entérocoques intestinaux (EI). Ces bactéries, bien que souvent inoffensives en elles-mêmes, signalent la présence d’autres micro-organismes pathogènes potentiellement dangereux. Les sources de ces pollutions sont multiples et intimement liées à l’activité humaine, à savoir : L’urbanisation et l’assainissement : « Quand on se retourne, on ne regarde plus la mer, on regarde derrière soi. Est-ce qu’on a plutôt une urbanisation ancienne, généralisée ? Et dans ce cas-là, on pourrait se dire que le problème serait de l’ordre de l’assainissement, qui ne serait pas suffisant ou défectueux. » Elle cite les stations d’épuration, les postes de relevage et les réseaux. L’élevage : L’épandage d’excréments d’animaux, notamment après de fortes pluies, peut entraîner « les bactéries présentes dans les sols » vers la mer via le ruissellement. Si les bactéries mesurées ne sont pas toujours directement responsables de maladies, elles sont des « indicatrices » qui signalent la présence d’un « cortège » d’autres bactéries potentiellement dangereuses. La baignade en eau polluée peut entraîner des otites, gastro-entérites et autres affections. Les risques sont particulièrement accrus pour les personnes vulnérables (jeunes enfants, personnes âgées ou immunodéprimées). Pour Maëlle Turriès, le conseil principal est de « regarder le site La belle plage et d’aller sur les plages qui sont soit recommandées, soit peu risquées. » Elle ajoute : « pour les autres plages, éviter les sorties cours d’eau, d’éviter d’aller proche de l’endroit où arrivent les rivières, parce que malheureusement c’est par ces rivières-là qu’arrivent les bactéries. » Enfin, il est fortement recommandé d’attendre « au minimum un jour, voire deux, pour revenir à la baignade » après de fortes pluies.Un classement issu d’un constat de terrain
Une méthodologie rigoureuse pour évaluer les risques
La source des pollutions
Risques sanitaires et conseils aux baigneurs








