L’invité du jour — Franck Meyer — La liberté d’expression en péril : un équilibre délicat entre convictions et respect

La liberté d’expression, pilier des démocraties occidentales, est aujourd’hui au cœur d’un débat houleux. Des décisions judiciaires récentes, notamment en Finlande, interrogent ses limites, soulevant la question de savoir jusqu’où l’on peut exprimer une opinion fondée sur une conviction sans risquer une sanction pénale ou sociale.
Franck Meyer, président du Comité protestant évangélique pour la dignité humaine, s’est exprimé sur PHARE FM, soulignant la nature “cruciale” de ce sujet dans un monde où “tout est expression”.
M. Meyer a mis en lumière l’affaire finlandaise concernant la parlementaire Päivi Räsänen. Accusée et condamnée pour avoir publié une brochure en 2004 pour son église, défendant une conception biblique du mariage comme l’union d’un homme et d’une femme, Mme Räsänen, bien que non condamnée pour un tweet précédent rappelant la position biblique sur l’homosexualité, a vu son passé être scruté par la justice finlandaise.
« Elle est préoccupante parce que Päivi Räsänen avait publié un tweet dans lequel elle rappelait la position de la Bible à propos de l’homosexualité », explique M. Meyer. « Mais finalement, elle n’avait pas été condamnée pour cela. En revanche, la justice finlandaise s’est mise à explorer (…) ses expressions publiques au sujet de l’homosexualité dans les années antérieures. Et c’est ainsi qu’elle a été condamnée finalement pénalement le 26 mars 2026, pour avoir publié en 2004 une brochure pour son église à propos de la conception biblique du mariage, conception biblique du mariage qui est fondée sur le fait que le mariage se constitue à partir de l’union d’un homme et d’une femme. »
Pour M. Meyer, cette décision montre un “véritable problème” dans l’expression d’opinions basées sur des convictions religieuses, surtout lorsqu’elles sont qualifiées d’« insultantes ». « Le fait de ne pas être en accord avec quelqu’un, ce n’est pas l’insulter », argumente-t-il, soulignant que “l’on a le droit d’être en désaccord pourvu qu’on puisse exprimer son désaccord dans des propos respectueux et dans des attitudes qui soient respectueuses des personnes.”
Franck Meyer identifie deux “souffrances” actuelles de la liberté d’expression. La première est sa restriction croissante par la loi, qui pose des limites sur ce qui peut être dit ou non. La seconde est “la violence du débat public”, particulièrement visible sur les réseaux sociaux.
« On perd le respect de l’autre », déplore-t-il, ajoutant que cela mène à « une société de plus en plus intransigeante et violente ». Face à ces interrogations légitimes des citoyens quant à la possibilité de débattre sereinement sans crainte de judiciarisation ou de stigmatisation, M. Meyer insiste sur l’importance du “respect du prochain” comme “frontière de notre expression”.
Il conclut en affirmant que si “le respect de l’autre n’empêche pas de pouvoir débattre librement des idées sur un argumentaire posé et construit”, la liberté d’expression ne doit pas être limitée aux idées consensuelles. Il s’agit également du droit d’exprimer des convictions minoritaires, toujours “dans le respect des personnes”. Un équilibre pour lui “un enjeu démocratique majeur”.








