
Information révélée à l’aube de l’année 2026, alors qu’une voie romaine quasi-intacte et les fondations d’une tour avaient été retrouvés, les archéologues viennent de découvrir des squelettes de chevaux datant de l’antiquit au cimetière de Loyasse dans le 5e arrondissement de Lyon témoignant d’une occupation humaine vieille de près de 2000 ans.
Lorsque l’histoire refait surface sous nos pieds, il y a immanquablement une invitation à la réflexion autour du sens de notre existence et de notre rapport au sacré.
Explorons le passé et ce qu’il a nous apprendre sur la présence des premiers chrétiens à Lyon avec le Père Gaël De Breuvand – Curé de l’ensemble paroissial Sacré-Coeur et Notre-Dame de Bellecombe à Lyon.
La ville de Lyon a été fondée en 40 avant JC et on peut penser qu’autour de l’an 100 après Jésus-Christ, il y a déjà des marchands, des commerçants, une petite communauté juive à Lyon. Par ces réseaux de communication, on a certainement entendu parler de Jésus. Les preuves qu’on a sont plus tardives parce que c’est autour de l’an 300 que Eusèbe rend compte d’une lettre qui a été écrite autour de l’an 177, l’histoire des premiers martyrs de Lyon.
Le Père Gaël De Breuvand nous rraconte le fonctionnement des premières communautés de chrétiens à Lyon dans l’antiquité.
Il y a une communauté chrétienne qui est réunie autour d’un chef. À partir du début du IIe siècle, dans les années 110-115, on peut penser que toute communauté a un évêque. Et à Lyon, le premier évêque qu’on connaît sous le nom de Saint Pothin vient de Smyrne en Asie mineure. Il est connu pour être disciple certainement de Saint Jean. Son successeur, qui sera Saint-Irénée, lui a été disciple de Polycarpe. On a un lien très fort finalement avec la première génération qui a suivi les apôtres. Alors dans un premier temps, ils ne construisent rien parce que depuis l’an 115, le christianisme n’est pas une religion légale. On n’est pas poursuivi pour être chrétien, mais si on sait qu’on est chrétien, on peut avoir des problèmes. De fait, on reste quand même relativement discret, pour autant on annonce Jésus. Et de fait, l’annonce essentielle de Jésus, c’est d’annoncer que Dieu est amour.
Saint-Irénée de Lyon nous vient en tête lorsque l’on pense à Lyon, élève de Polycarpe et lui-même disciple de l’apôtre Jean, au cœur d’une époque tragique pour les chrétiens persécutés, notamment en l’an 177.
En 177, il y a eu une large rafle antichrétienne. Une centaine de personnes ont été arrêtées pour christianisme. et 48 sont morts martyrs dans l’amphithéâtre des Trois Gaules à Lyon. On connaît particulièrement Saint Pothin, on connaît particulièrement Sainte-Blandine, puis quelques autres, qui sont de toutes les classes sociales. Il y a des nobles, il y a aussi des esclaves.
L’histoire du christianisme antique a marqué Lyon et notamment l’église lyonnaise. L’ensemble paroissial du Sacré-Cœur Notre-Dame de Bellecombe dans l’est lyonnais aujourd’hui résulte de toute cette histoire mouvementée pendant des siècles et jusqu’à nos jours.
D’abors à Lyon, les habitants se trouvent sur la Presqu’île, sur la colline de Fourvière. A partir du 19e siècle, on va s’étendre de l’autre côté du Rhône vers l’est. Et c’est dans les années 1850 que les chrétiens qui habitent le quartier du Sacré-Cœur vont réclamer à l’évêque une église. Et de fait, c’est ce qui va se passer, on va construire une première église, Sainte-Anne-de-Baraban. Elle ne va pas servir très longtemps puisque dès 1932, on va avoir une nouvelle église qui sera l’église du Sacré-Cœur. La population des quartiers grossit et lorsqu’on arrive à une population qui permet d’établir une paroisse, donc une communauté chrétienne où on célèbre ensemble la mort et la résurrection du Seigneur, on choisit de construire une église. Quelques années plus tard, dans les années 1890, la même chose dans le quartier de Bellecombe.
L’histoire de façon générale et celle de l’Eglise encourage la foi.
Dans l’histoire biblique, comme dans l’histoire chrétienne, l’image de l’arbre est assez forte. Pour qu’un arbre soit beau, qu’il soit grand, qu’il ait du feuillage, qu’il produise des fleurs et des fruits, il a besoin de racines. Nous sommes inscrits dans une histoire, cette histoire qui vient nous répéter, nous marteler la bonne nouvelle de l’évangile. Cette bonne nouvelle qui nous dit que Dieu nous aime à la folie, qu’il veut pour nous le bonheur et la joie et que nous sommes invités à accueillir cette joie et ce bonheur pour les donner aux autres. Finalement c’est ça être chrétien. Aime ton prochain comme toi-même parce que tu es aimé de Dieu.
Une histoire à Lyon marquée par le sang des chrétiens persécutés dont Saint Pothin, premier évêque de Lyon. De mars à août de l’an 177, 48 chrétiens trouvèrent la mort et parmi les martyrs, ceux qui avaient à la citoyenneté romaine furent décapités. Les non-citoyens ont été livrés aux bêtes dans l’amphithéâtre d’Etroit-Gaulle sur les pentes de la Croix-Rousse. Les découvertes archéologiques, au-delà de l’apport culturel et historique, nous permettent donc, comme un miroir, de reconsidérer notre vision au présent, face au passé, pour envisager le futur autrement. Père Gaël de Breuvand, merci beaucoup, je rappelle que vous êtes curé de l’ensemble paroissial Sacré-Cœur, et Notre-Dame de Bellecombe à Lyon.


