Une coalition contre Moab

Nous sommes aux environs des années 845 avant Jésus-Christ, du côté d’Israël. Le roi se nomme Yoram et il hérite de situations parfois tendues. À l’époque de son père, et surtout de son grand-père le roi Achab, il y avait un accord entre Israël et les Moabites. Généralement, les Israélites se méfient des Moabites qu’ils jugent infidèles et même impurs, mais au temps d’Achab, il y avait un accord entre les deux peuples. Les Moabites profitaient des terres d’Israël pour leurs élevages et payaient une espèce d’impôt à Achab. Cet impôt annuel était en nature : 100 000 agneaux et autant de brebis avec leur laine. À la mort d’Achab, les Moabites se disent qu’il est temps de se révolter contre Israël, et c’est d’autant d’actualité que le successeur d’Achab, Ahazia, meurt également prématurément ; c’est le moment de s’affranchir de Yoram tout fraîchement monté sur le trône. Donc, le roi de Moab, Mécha, se lance dans la révolte. Yoram veut défendre ses intérêts et demande au roi voisin, à Jérusalem, son aide. Le roi du moment à Jérusalem, se nomme Josaphat, et il propose une coalition avec son gouverneur d’Édom pour battre les Moabites. C’est donc Israël, Juda et Édom qui forment une armée pour écraser la révolte du roi Moabite Mécha. Josaphat propose à ces deux alliés de ne pas engager le conflit avant d’avoir consulté Dieu, et demande s’il y a, en Israël, un prophète compétent. On lui parle d’Élisée, et Josaphat dit avoir entendu parler de lui et lui accorde sa confiance. On va donc consulter Élisée chez lui. Lorsqu’Élisée reconnaît Yoram, roi d’Israël, il lui dit : « Je n’ai rien à faire avec toi ! Va donc trouver les faux prophètes vers qui se tournait déjà ton père ! » Yoram plaide sa cause en disant : « C’est l’Éternel qui nous a réunis, le roi de Juda, le gouverneur d’Édom et moi ! » Élisée observe et signale : « Si ce n’était pas par égard pour Josaphat, roi de Juda, je ne prêterais nulle attention. Je ne te regarderais même pas, mais je veux honorer Josaphat et sa fidélité à Dieu. Dieu sera de votre côté et il vous livrera le roi des Moabites. Vous serez vainqueurs sur son armée et vous détruirez toutes ces places fortes. » Rassuré par cette annonce, l’armée d’Israël, renforcé par les soldats de Juda et d’Édom, se place face au camp des Moabites. Du côté des Moabites, les soldats observent. Or, le soleil levant se reflétant sur une large étendue d’eau, la surface de cette eau apparaît rouge. Les Moabites pensent que l’armée d’en face s’est entretuée, d’où tout ce sang ! Aussitôt, ils se lancent à l’assaut pour piller le camp, mais ils sont surpris par la vaillance des hommes de Yoram et de ceux de Josaphat. L’armée moabite est totalement défaite. Le roi de Moab comprend qu’il perd la bataille et tente de faire une percée, sans succès. Il fait venir son fils aîné, qui doit monter sur le trône et… il l’offre en holocauste sur un rempart. À ce terrible spectacle, les Israélites sont indignés et décident d’abandonner le combat. Écœurés, ils rentrent chez eux. Mais ils ont tout de même gagné !
(2 rois 3)




