L’ultime promesse

Dans le Nouveau Testament, le livre des Actes des Apôtres est, après les Évangiles, le plus passionnant. Il relate la mise en route d’une action missionnaire unique dans l’histoire : une douzaine de bonhommes plutôt simples et, a priori, sans prétention humaine, vont révolutionner tout le bassin méditerranéen en l’espace d’une génération. Par la suite, d’autres hommes prendront le relais pour que la « Bonne Nouvelle » de l’Évangile soit annoncée jusqu’aux extrémités de la terre. Cette mission, commencée il y a deux mille ans, est toujours en route aujourd’hui.
Pourtant, autour des années 30 ou 40 après Jésus-Christ, rien n’était gagné. S’il avait fallu compter seulement sur ces douze bonhommes, même avec le titre d’apôtres, nous n’en parlerions plus aujourd’hui ; ils seraient tombés dans les abîmes de l’oubli. Mais voilà : quelques heures avant son Ascension — soit quarante jours après sa résurrection — Jésus avait annoncé une chose tout à fait extraordinaire.
On ne sait pas précisément tout ce que Jésus a dit à ses disciples pendant ces quarante jours. Cela semble avoir été un cours intensif, une révision de tout ce qui avait été enseigné pendant trois ans, une espèce d’étude biblique monumentale jetant des passerelles entre les promesses de l’Ancien Testament et les réalisations du Nouveau. À l’image de la discussion sur le chemin d’Emmaüs, où Jésus expliquait dans toutes les Écritures ce qui le concernait. J’imagine aussi les disciples demandant des explications sur telle ou telle énigme biblique, un peu comme lorsqu’après des paraboles prononcées devant les foules, Jésus les expliquait en privé aux disciples.
Hélas, aucun évangéliste ne nous en donne l’écho, sinon pour évoquer une question très pratique : « À quel moment Dieu va-t-il rétablir le royaume pour Israël ? » C’est une question que les Juifs se posaient en ce temps- à, et depuis longtemps, et qu’ils se posent encore aujourd’hui ; une question qui semble bien plus politique que spirituelle. À cette interrogation, souvent formulée durant le ministère terrestre de Jésus, la réponse du Ressuscité tombe, identique : « Ce n’est pas à vous de savoir ce que Dieu a décidé et fixé. »
Cette réponse peut paraître décevante, et pourtant elle contient une grande assurance : Dieu a déjà décidé, le moment est déjà fixé. Cela devrait être suffisant ! Puis vient l’ultime promesse, celle que je qualifiais d’extraordinaire : « Vous allez recevoir une puissance, celle du Saint-Esprit, qui surviendra sur vous. Alors, vous serez mes témoins jusqu’aux extrémités du monde. »
Voilà ce qui fera d’hommes très ordinaires des missionnaires exceptionnels. Ce ne sera pas seulement grâce à leur force et à leur courage, à leur conviction ou à leur détermination, mais grâce au secours et au soutien du Saint-Esprit.
Si Jésus-Christ est la Bonne Nouvelle de l’Évangile, le Saint-Esprit est, assurément, la Bonne Nouvelle du livre des Actes des Apôtres.



