Le retour d’Élie

Très régulièrement, dans l’histoire des royaumes d’Israël et de Juda, dans l’Ancien Testament, on note qu’un prophète est souvent associé à un roi. Un tandem qui ne fonctionne pas toujours, notamment parce que le roi veut suivre son chemin, tandis que le prophète en montre un autre. Le roi Achab, roi d’Israël implanté dans le nord du pays, et régulièrement interpellé par tel ou tel prophète, notamment par Élie, sans doute l’un des plus prestigieux de tous les prophètes de l’Ancien Testament. Et entre les deux hommes, c’est souvent une vive tension. Dans un premier temps, Élie est venu remonter les bretelles d’Achab qui était vraiment sous l’influence de sa femme phénicienne, Jézabel. Cette femme avait introduit dans le pays les cultes au dieu Baal et à la déesse Astarté. Elle avait même fait venir plus de 400 prêtres pour telle idole et autant pour telle autre. À cause de cette dérive spirituelle et cultuelle, Élie était allé voir Achab pour lui annoncer une sécheresse durable, sanction de Dieu. « Voici ce que déclare le Seigneur à ton intention : il n’y aura ces prochaines années ni rosé ni pluie, sauf si je le demande ! » Dès cette annonce, Élie disparaît, se cachant de la colère d’Achab. Et le temps passe. Sans une goutte de pluie. Trois ans ! C’est la pire sécheresse que le pays a connue. Accablé, Achab décide de visiter son royaume à la recherche de sources non taries et de pâturages pour les troupeaux. Il se lance dans cette visite avec l’un de ses conseillers, Obadia. Ce qu’il ne sait pas, c’est que Obadia, chef du palais, est un homme qui est resté fidèle au vrai Dieu. Il a même protégé des prophètes de l’Éternel que Jézabel, épouse du roi, cherchait à exterminer. Achab et Obadia commencent à chercher des sources, chacun de son côté. C’est alors que Obadia rencontre un homme qui marche dans sa direction, et il le reconnaît : « Est-ce bien toi, Élie ? » Élie acquiesce et déclare : « Va dire à ton maître, le roi Achab, que j’arrive ! » Si Obadia est heureux de constater qu’Élie est vivant, il redoute d’aller l’annoncer au roi, et il explique : « Cela fait des mois et des mois que Achab te fait rechercher, et il a menacé de mort tous ceux qui pouvaient te protéger. De plus, à chaque fois qu’on croit savoir où tu te caches et qu’on t’y cherche, on ne te trouve pas ; tu disparais ! Achab sera furieux contre moi et il me fera mourir ! » Élie lui fait alors la promesse de ne plus disparaître et d’aller avertir Achab de sa venue. Ce qu’il fait, avec une certaine appréhension. Quelques temps plus tard, Élie se présente devant le roi qui manifeste son mépris : « Te voilà donc, prophète de malheur qui accable mon peuple ! » Mais le prophète ne se laisse pas impressionner et lui répond : « Ce n’est pas moi qui ai amené le malheur sur Israël ; c’est toi et ta famille parce que vous vous êtes positionnés et que vous avez décidés d’adorer de faux dieux. Mais voilà, il est temps de changer tout cela. Je te promets un grand spectacle. Je te donne rendez-vous sur le mont Carmel, là où tu vas convoquer le peuple et faire venir les prêtres de Baal et ceux d’Astarté ! Il est temps que tu ouvres les yeux. Dieu te lance un défi ! » Obadia, qui a entendu chaque mot de cette étrange conversation, pense : « Il est temps ! Oui, grand temps ! »




