Le plus explicite des schémas

Vous connaissez sans doute l’expression : « on a vécu un vrai calvaire », pour dire que l’on est passé par des moments très difficiles. Or, cette expression découle d’un événement historiquement remarquable : la crucifixion de Jésus sur le mont Golgotha, aussi appelé mont du Calvaire.
Condamné par le tribunal religieux de l’époque pour cause de blasphème, Jésus est donc crucifié. Et ce jour-là, deux autres inconnus sont mis à mort : l’un à la droite, l’autre à la gauche de Jésus. Cette image des trois croix prend aussi le nom de « calvaire » dans nos campagnes, quand de pareils monuments sont dressés.
Au centre, donc, il y a Jésus. C’est le Fils de Dieu qui est venu pour rappeler l’amour du Père et le nécessaire amour entre les hommes. On dirait bien que Jésus a raté son message et ses instructions, puisqu’il est victime de la haine des hommes et même des religieux, qui auraient dû être les premiers à adhérer au message du Messie.
Peu de gens ont compris le sens de cette mort sur le moment et beaucoup de ceux qui ont suivi Jésus sont déboussolés. Un seul des douze disciples est présent : Jean. Les autres se cachent, effrayés par ce qui se passe et qu’ils ne pouvaient envisager.
Et, en même temps que Jésus agonise sur la croix, deux autres condamnés souffrent. Ces deux-là sont vraiment responsables de leur sort ; d’ailleurs, l’un d’eux le reconnaît et signale à son collègue : « Pour nous, c’est justice, mais pas pour lui ». Et ce brigand va même prier Jésus de se souvenir de lui « de l’autre côté ».
Alors voyant la foi de ce brigand — entendez bien, la foi d’un condamné à mort — Jésus lui dit : « Tu seras aujourd’hui avec moi dans le paradis ». Incroyable. Et je voudrais m’arrêter là, en face de ce triste tableau qui devient un résumé du sort de toute l’humanité.
Dessinez avec moi, mentalement, une colline. Au sommet, une croix : celle de Jésus. Et de part et d’autre, une autre croix : une à droite, une à gauche. Vous avez là, au centre, le Sauveur, et de chaque côté un représentant de l’humanité. L’un des hommes va se repentir et réclamer le salut ; l’autre continue à se moquer de Jésus, comme le signale le texte. Or, un des hommes sera sauvé et pas l’autre. Voilà un schéma simplifié à l’extrême et terriblement précis : un Sauveur, un sauvé et un qui ne l’est pas. Les deux brigands sont tous les deux coupables puisque condamnés, mais pour l’un d’eux, le péché est effacé. C’était la mission du Sauveur : l’Agneau de Dieu qui ôte le péché de celui qui se repent.



