Le faste du règne de Salomon

Le roi Salomon n’est pas vraiment, comme l’était son père, un roi guerrier, souvent en guerre pour assurer l’indépendance et la liberté de son peuple. Salomon est davantage diplomate. Il entretient des alliances avec les pays voisins en épousant des princesses de divers horizons. C’est aussi un organisateur remarquable. Il construit une gouvernance efficace en quadrillant le pays avec, à la tête de chaque secteur, des hauts fonctionnaires et des gouverneurs. Il y a des chefs d’armée, parce qu’il faut tout de même une armée, et même une cavalerie – ce qui est nouveau. On parle aussi des haras du roi. Il y a encore des conseillers, un porte-parole et des responsables pour les grands travaux. Jamais les frontières du pays n’ont été aussi élargies. Le narrateur de sa vie signale que Salomon dominait tous les petits royaumes qui s’étendaient depuis l’Euphrate (C’est alors la Mésopotamie, la Turquie actuelle) jusqu’au pays des Philistins et même jusqu’à la frontière de l’Égypte. Tous les roitelets de ces royaumes lui furent soumis et lui payaient un tribu. Et de l’argent, et de l’or, Salomon en avait. Douze provinces avec douze gouverneurs et chaque province, à tour de rôle, devait un mois durant, subvenir aux besoins de la cour et de l’entretien du roi. Un impôt plutôt direct. Ce qui semble extravagant, c’est l’importance de la cour car, selon la Bible, on y consommait 20 000 litres de farine en pain et en gâteau, pas moins de 30 bœufs et une vingtaine de moutons. On a souvent parlé des mines de Salomon, et l’archéologie moderne a mis à jour les traces d’exploitation de fer et de cuivre à grande échelle. Une vallée nommée Arabah abrite une faille géologique qui s’étend de la mer Rouge au sud jusqu’à la mer Morte, et chevauche la frontière de l’Israël actuelle et de la Jordanie. Les mines de Salomon ne sont donc pas une invention. Quant aux écuries du roi, La Bible parle de 12 000 chevaux et de haras capables de recevoir 40 000 chevaux et 1 400 chars. Les textes bibliques précisent même que le roi a acheté les chevaux à l’Égypte pour 150 pièces d’or le cheval, et un char coûtait 600 pièces d’or. Et l’or ne manquait pas : en une seule année, le roi voyait arriver à Jérusalem plus de 23 tonnes d’or. De toute sa longue histoire, jamais Israël n’a connu une telle opulence et un tel faste ; jamais le pays n’avait été aussi vaste avec des échanges commerciaux qui s’étendaient de l’Éthiopie à l’Inde actuelle. Hélas, tout cela est trop beau pour durer.
(1 Rois 4 et 10)





