La clémence d’Achab

Le roi Achab d’Israël a gagné une bataille contre l’armée du roi de Syrie Ben-Hadad. Cette histoire se passe vers 875 avant Jésus-Christ. Mais le roi de Syrie n’a pas dit son dernier mot. Il veut écraser Israël et s’emparer des richesses du temple. Ses conseillers lui expliquent que s’il a perdu la guerre contre Achab, c’est grâce au Dieu d’Israël. Or expliquent-ils, le Dieu d’Israël est un Dieu des montagnes, et la bataille s’est déroulée en région montagneuse. Ben-Hadad n’avait donc aucune chance. Mais si l’attaque se fait en plaine, alors Ben-Hadad aura l’avantage et le Dieu des montagnes n’y pourra rien. Cette démonstration du Conseil du roi de Syrie plut à Ben-Hadad qui décida de se lancer dans cette nouvelle guerre un an après sa précédente défaite. Il se trouve qu’au lendemain de cette première guerre, un prophète était venu prévenir Achab en lui annonçant que Ben-Hadad reviendrait frapper Israël un an plus tard. C’est donc exactement ce qui se produit. Achab, attentif aux propos du prophète, messager de Dieu, avait eu la prudence de maintenir son armée prête au combat ; ce qui fait qu’apprenant l’arrivée de l’armée syrienne, il passe en revue son armée avant d’aller à la rencontre de son agresseur. Les deux armées se trouvent face à face, du côté du lac de Génésareth, une région plutôt plate. L’armée syrienne est impressionnante en nombre de soldats, avec des chars et des cavaliers. Achab ordonne à ses hommes, moins nombreux, de se positionner en deux groupes. Le narrateur biblique signale alors que l’armée israélite ressemblait à deux petits troupeaux de chèvres tandis que l’armée syrienne semblait couvrir tout le pays. C’est alors que le prophète de l’Éternel se présente devant Achab pour lui annoncer le projet de Dieu : « Puisque les Syriens prétendent que je ne suis qu’un Dieu des montagnes, je vais aujourd’hui leur montrer que je suis aussi Dieu des plaines. Aujourd’hui, je vais te livrer cette armée prétentieuse et on saura qui est le Dieu tout-puissant. » Pendant sept jours, les deux armées s’affrontèrent du regard et lorsqu’enfin la bataille commence, c’est la petite armée d’Achab qui écrase l’imposante armée de Ben-Hadad. Plus de 100 000 guerriers syriens tombent, selon les chiffres de la Bible. Le roi Ben-Hadad se réfugie dans une ville, restant incognito. Plusieurs de ses proches lui disent : « Va te rendre au roi d’Israël ; les rois de ce pays ont la réputation d’être charitables. Achab ne te fera pas mourir ! » Ben-Hadad leur demande d’aller plaider sa cause devant Achab, et ils le font. Il se présente devant le roi d’Israël en étant revêtu de vêtements grossiers, et même avec une corde au cou, comme pour se livrer à la mort. Achab apprenant que Ben-Hadad est toujours vivant, assure les émissaires de sa clémence à l’égard du roi de Syrie. C’est ainsi que les deux rois se rencontrent et se réconcilient, en décidant d’entamer des accords commerciaux entre les deux pays. Après avoir conclu cette alliance, Achab renvoie libre Ben-Hadad. Tout est bien qui finit bien… quoiqu’entre Israël et la Syrie, la paix ne dure jamais longtemps.
(1 Rois 20)




