L’invitée du weekend — Anne-Florence Roche, le 8 novembre 2026 c’est le Dimanche de l’église persécutée

À l’occasion du Dimanche de l’Église persécutée, coordonné par l’ONG Portes Ouvertes le 8 novembre 2026, les communautés chrétiennes sont appelées à se mobiliser dans l’intercession et le soutien fraternel. Anne-Florence Roche, directrice communication et collecte de Portes Ouvertes, rappelle l’urgence d’une communion active avec ceux qui souffrent pour leur foi. Cette initiative invite chacun à mesurer la valeur de sa propre liberté et à porter un regard empreint de discernement et de compassion sur l’Église universelle.
Un appel à la communion et à la prière
Symbolisée par une jeune pousse traversant les maillons d’une chaîne rouillée, cette journée vise à sortir le phénomène de la persécution de l’oubli ou du simple fait divers. Comme le souligne Anne-Florence Roche, l’objectif est d’abord collectif : « C’est une journée pour en prendre conscience ensemble en Église, pour se préoccuper de ce sujet et c’est aussi vraiment une journée internationale de prière en faveur de l’Église particulière. »
Loin d’être marginale, la violence contre les chrétiens atteint une ampleur considérable. « Ce n’est pas un phénomène anecdotique. 388 millions de chrétiens vivent la persécution. Effectivement, nous croyons profondément que prendre conscience de ça nous permet à la fois de répondre à l’appel de Dieu qui est de prendre soin du corps de Christ partout dans le monde. C’est notre mission, notre appel en tant que chrétien », précise Anne-Florence Roche.
Cette prise de conscience dépasse la simple solidarité institutionnelle pour toucher chaque croyant dans son intimité : « Mais individuellement, c’est une prise de conscience importante pour mesurer sur quoi notre foi est fondée. Oui de la passer peut-être au creuset des épreuves, qu’est-ce qu’on est prêt à perdre pour sa foi ? Et ça je pense que c’est une question qui nous permet à chacun de nous positionner. » Si le quotidien des fidèles occidentaux demeure préservé d’un tel péril mortel, le témoignage de cette grande famille spirituelle éprouvée « sert de modèle et d’étalon aussi pour l’ancrage de notre foi ».
Le mystère du pardon face à la violence
Interrogée sur le décalage vertigineux entre le confort occidental et la fidélité héroïque des martyrs, Anne-Florence Roche évoque la bienveillance évangélique poussée jusqu’à ses limites humaines : « Pour les chrétiens persécutés, il y a un enjeu de choisir de pardonner et d’aimer. Chacun doit se positionner, et ce n’est pas toujours comme ça qu’ils se positionnent. Et on prie pour ça aussi, pour qu’ils puissent pardonner et continuer à aimer leurs agresseurs. »
Le sacrifice consenti par certains parents interpelle particulièrement la conscience : « Quand un père accepte de faire face à la mort d’un de ses enfants et de payer ce prix-là, c’est vrai que pour nous c’est un petit peu incompréhensible. C’est des choses sur lesquelles ça peut nous dépasser. C’est toujours un mystère quand les personnes réussissent à le vivre vraiment. »
« Enchaînés mais libres »
Placée sous le thème « Enchaînés mais libres », l’édition 2026 invite à repenser notre rapport à la liberté de conscience et de culte dans un contexte de sécularisation croissante. Au-delà du recueillement ponctuel, l’organisation attend une continuité dans l’engagement.
« C’est avant tout vraiment demander aux personnes de prendre conscience et de prier. C’est vraiment une journée qui est orientée sur le fait de prier. La première chose qu’on voudrait que les gens mettent en œuvre, le jour même ou ensuite, et ensuite qu’ils se sentent concernés, qu’ils soient éveillés, sensibilisés à ces questions-là, et que par la suite, ils continuent peut-être à relayer les informations, simplement avoir conscience de cette partie de l’Église qui vit dans des conditions indifférentes des nôtres », conclut Anne-Florence Roche.
L’ensemble des ressources pédagogiques et spirituelles demeure accessible sur la plateforme dédiée mise en place par l’ONG, dep.portesouvertes.fr.







