Mao Zedong, le plus grand réveil chrétien de l’histoire

Quand la persécution a nourri la foi : l’incroyable essor du christianisme en Chine
Guillaume Guennec de l’ONG Portes Ouvertes met en lumière les paradoxes saisissants de l’histoire religieuse contemporaine. Alors que le régime communiste de Mao Zedong a tout mis en œuvre pour anéantir la foi chrétienne, le pays a connu l’une des plus spectaculaires expansions spirituelles du XXe siècle.
Au début des années 1990, un membre de Portes Ouvertes participe à une réunion secrète en compagnie de responsables chrétiens chinois influents. Au cours de la rencontre, ces derniers portent un toast tout à fait surprenant à « la mémoire de celui qui a fait plus que tous les autres pour la croissance du christianisme en Chine ». Pour l’auditoire présent, la stupeur est totale lorsque le nom est enfin dévoilé : Mao Zedong.
Fermeture des lieux de culte, Bibles brûlées, croyants emprisonnés ou tués : les persécutions perpétrées sous son règne ne laissaient pourtant présager aucun fruit spirituel. Face à l’étonnement de leur invité, les croyants locaux ont alors livré leur discernement sur cette période tragique.
L’illusion brisée d’un sauveur terrestre
Pour ces chrétiens chinois, l’explication réside dans le vide spirituel absolu laissé par le culte de la personnalité imposé par le dirigeant communiste : « Mao s’était fait adorer comme un dieu. Il parlait de bâtir le ciel sur la terre. De grandes foules se rassemblaient pour le vénérer. Il fallait lire le petit livre rouge, confesser ses fautes idéologiques devant son portrait. Et quand Mao est mort, nous avons compris qu’il ne pouvait pas nous sauver. Alors, beaucoup de Chinois se sont tournés vers Christ. »
En cherchant à substituer une idéologie politique à toute transcendance divine, le régime a paradoxalement préparé les cœurs à recevoir un message d’espérance authentique. Face à la faillite des promesses humaines, de nombreuses familles ont ainsi redécouvert la valeur de la foi chrétienne.
D’un million à 96 millions de croyants
Les données historiques attestent l’ampleur de ce bouleversement. En 1950, la Chine comptait environ un million de chrétiens. Aujourd’hui, cette communauté rassemble près de 96 millions de fidèles.
Comme le souligne Guillaume Guennec, celui qui a tout tenté pour détruire l’Église a, bien malgré lui, préparé le terrain pour l’un des plus vastes réveils de l’histoire chrétienne. Un paradoxe historique qui rappelle avec force que l’oppression ne suffit pas à étouffer les convictions spirituelles les plus profondes.






