Paul devant Festus et Agrippa

La fin du livre des Actes évoque également la fin du ministère de Paul. L’apôtre des païens passe désormais de la prison à la résidence surveillée, avant d’être conduit à Rome pour son procès. En attendant la saison propice à la navigation, Paul est retenu à Césarée. Le gouverneur de Césarée se nomme Festus. Un jour, Hérode Agrippa II, qui règne sur une région du nord de la Palestine, vient lui rendre visite. Il est accompagné de sa sœur Bérénice. Au cours de leurs discussions, le cas de Paul arrive sur le tapis. Festus expose ce qu’il sait de ce prédicateur de l’Évangile, devenu la “bête noire” des Juifs de Jérusalem. Le gouverneur explique que l’affaire est complexe : les accusations ne sont pas claires et Paul, en sa qualité de citoyen romain, représente un véritable “caillou dans sa chaussure” au point de vue juridique. Piqué par la curiosité, Agrippa exprime le souhait d’entendre Paul s’expliquer. Le lendemain, Paul est convoqué devant Festus, Agrippa, Bérénice et plusieurs notables de la ville. Invité à présenter sa défense, l’apôtre ne résiste pas à l’envie de raconter son histoire. Il rappelle l’espérance d’Israël — la venue du Messie — et affirme que ce Messie tant attendu est apparu en la personne de Jésus de Nazareth.
Paul confie qu’au début, il considérait les adorateurs de Jésus comme des fous, des déviants ou les membres d’une secte qu’il se devait, en tant que pharisien, de combattre. Il relate alors sa conversion sur le chemin de Damas, apportant des détails sur ce moment décisif que l’auteur Luc n’avait pas encore mentionnés. L’apôtre poursuit en expliquant comment il a réinterprété les prophéties de l’Ancien Testament pour comprendre le sens de la mort et de la résurrection du Messie, soulignant que le salut est désormais offert tant aux Juifs qu’aux païens. À ces mots, Festus bondit et s’exclame : « Tu es fou, Paul ! Tu perds la tête ! » Mais Paul garde son calme et poursuit son argumentaire avec une telle conviction qu’Agrippa finit par intervenir : — « Encore un peu, et tu vas me persuader de devenir chrétien ! » Sans se démonter, Paul lui répond avec une pointe d’audace : « Qu’il s’en faille de peu ou de beaucoup, je prie Dieu que non seulement toi, mais aussi tous ceux qui m’écoutent aujourd’hui, vous deveniez comme moi… à l’exception, naturellement, de ces chaînes. »
La séance se termine sur cette note presque humoristique.
En se retirant, les auditeurs s’accordent pour dire que cet homme n’a rien fait qui mérite la prison ou la mort. Quant à Agrippa, il confie à Festus : « Cet homme aurait pu être relâché s’il n’en avait pas appelé à l’Empereur. »



