Paul et Silvain en prison à Phillipe

Paul, Sylvain, Luc et quelques autres ont pris l’habitude, à Philippes, de se retrouver le jour du sabbat dans un lieu de prière au bord d’une rivière, un peu à l’extérieur de la ville. Depuis la conversion de Lydie, la marchande de pourpre, les missionnaires rencontrent un certain succès. Cependant, les apôtres vont bientôt croiser la route d’une « influenceuse » assez embarrassante : une femme douée de voyance. Cette dernière faisait gagner beaucoup d’argent à ses employeurs en tant que diseuse de bonne aventure. Elle remarque Paul et ses compagnons et se met à crier à qui veut l’entendre que ces hommes sont des « envoyés de Dieu ». Ce n’est pas faux, mais le fait que ce témoignage vienne d’elle finit par irriter les missionnaires. Au bout de quelques jours de cette publicité tapageuse, Paul, n’y tenant plus, se tourne vers la femme qui les suivait en apostrophant la foule. Il lui lance : « Au nom de Jésus-Christ, esprit malsain, sors de cette femme ! » À l’instant même, elle perd son pouvoir. La nouvelle est très mal accueillie par ses maîtres, qui perdent là une source de revenus. Assez influents, ils font jeter Paul et Sylvain en prison sous prétexte qu’ils sont des agitateurs opposés au pouvoir romain. En attendant leur jugement, ils sont enfermés dans la cellule la plus reculée, les fers aux pieds. Pourtant, au milieu de la nuit, Paul et Sylvain ne semblent pas du tout inquiets. Ils se mettent à chanter si fort que tous les autres prisonniers les entendent. Soudain, un tremblement de terre survient, et ses effets sont surprenants : les chaînes des prisonniers tombent et les portes verrouillées s’ouvrent brusquement. Le responsable de la prison, réveillé par la secousse et le fracas, découvre les portes béantes. Imaginant naturellement que les prisonniers se sont enfuis et craignant d’être jugé responsable de cette évasion, il tire son épée pour se suicider. Mais alors, du fond de sa cellule, Paul lui crie : « Ne te fais pas de mal ! Nous sommes tous là ! »
Bouleversé, le gardien demande de la lumière et constate les faits. Impressionné, il comprend que ces deux prisonniers sont des envoyés de Dieu. Il les emmène chez lui, soigne leurs blessures — car ils avaient été fouettés avant d’être enfermés — et leur donne à manger. Après avoir longuement discuté, il se convertit dans la foulée. Paul lui avait dit : « Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé, toi et ta famille. » L’homme a saisi l’invitation au vol. Le lendemain, les magistrats, ignorant tout de ces événements, ordonnent la libération des deux « agitateurs », pensant qu’une nuit au trou les aura calmés. Mais Paul interpelle les policiers : « Vous nous avez fait fouetter en public et jetés en prison sans jugement, et maintenant vous voulez nous libérer en catimini ? Il n’en est pas question. Nous sommes citoyens romains : que les magistrats viennent eux-mêmes nous libérer ! »
En apprenant que Paul et Sylvain sont effectivement citoyens romains, les magistrats, effrayés, viennent leur présenter des excuses et les invitent à quitter la ville. Les missionnaires font une dernière étape chez Lydie, puis reprennent la route.
Prochaine destination : Thessalonique, et naturellement de nouvelles aventures !



